C'est la mesure qui retient le plus l'attention dans la note de service adressée fin juin par la Grande Mosquée de Lyon aux agences de pompes funèbres musulmanes : à compter du 1er septembre 2026, chaque passage à la mosquée pour l'organisation d'une prière funéraire (salat al-Janaza) donnera lieu à une participation financière forfaitaire de 75 euros. Selon le texte signé par le recteur Kamel Kabtane, cette somme est destinée à couvrir les frais de mobilisation du personnel, d'entretien des infrastructures et de services proposés aux familles endeuillées. Les modalités de règlement doivent encore être précisées aux agences dans les prochaines semaines.
Cette annonce, qui s'accompagne par ailleurs de nouvelles obligations pour les agences de pompes funèbres comme l’interdiction de toute distribution de nourriture dans l'enceinte du lieu de culte, a suscité une vive réaction de l'Union française des consommateurs musulmans (UFCM). Dans un communiqué en date du dimanche 12 juillet, l'association dénonce une mesure qui ferait peser sur des familles « déjà fragilisées par la perte d'un être cher » des « frais supplémentaires » venant s'ajouter au coût des obsèques. Une décision qu'elle qualifie de possible « double peine infligée aux familles en deuil ».
L'UFCM, qui dit lutter « depuis sa création contre la marchandisation du culte musulman », rappelle que la prière funéraire est « un acte spirituel, de dignité et de solidarité communautaire », et s'interroge : comment justifier une telle tarification « alors que la tradition prophétique nous enseigne l'altruisme, la gratuité et le soutien aux nécessiteux » ?
L'association appelle les lieux de culte musulmans à préserver « l'esprit de fraternité désintéressés et la gratuité du service spirituel », estimant que les mosquées, financées par les dons des fidèles, doivent demeurer des « refuges de sérénité et de consolation », « dans une société qui a étendu une vision capitaliste à tous les domaines pour tirer des profits financiers, notamment dans les situations de détresse ». Tout en se disant « conscient(e) des réalités financières dans la gestion d’une mosquée », l’UFCM conclut en affirmant que « la dignité de nos défunts n'a pas de prix ».
Cette annonce, qui s'accompagne par ailleurs de nouvelles obligations pour les agences de pompes funèbres comme l’interdiction de toute distribution de nourriture dans l'enceinte du lieu de culte, a suscité une vive réaction de l'Union française des consommateurs musulmans (UFCM). Dans un communiqué en date du dimanche 12 juillet, l'association dénonce une mesure qui ferait peser sur des familles « déjà fragilisées par la perte d'un être cher » des « frais supplémentaires » venant s'ajouter au coût des obsèques. Une décision qu'elle qualifie de possible « double peine infligée aux familles en deuil ».
L'UFCM, qui dit lutter « depuis sa création contre la marchandisation du culte musulman », rappelle que la prière funéraire est « un acte spirituel, de dignité et de solidarité communautaire », et s'interroge : comment justifier une telle tarification « alors que la tradition prophétique nous enseigne l'altruisme, la gratuité et le soutien aux nécessiteux » ?
L'association appelle les lieux de culte musulmans à préserver « l'esprit de fraternité désintéressés et la gratuité du service spirituel », estimant que les mosquées, financées par les dons des fidèles, doivent demeurer des « refuges de sérénité et de consolation », « dans une société qui a étendu une vision capitaliste à tous les domaines pour tirer des profits financiers, notamment dans les situations de détresse ». Tout en se disant « conscient(e) des réalités financières dans la gestion d’une mosquée », l’UFCM conclut en affirmant que « la dignité de nos défunts n'a pas de prix ».
L'institution religieuse lyonnaise défend sa position
La Grande Mosquée de Lyon a répondu, lundi 13 juillet, aux critiques, se disant soucieuse d'« éviter toute confusion ». Elle y affirme que la prière funéraire elle-même « est, et demeurera, entièrement gratuite », précisant qu'elle « n'a jamais envisagé, et n'envisagera jamais, de faire payer une prière ou de conditionner sa célébration à un paiement ». La participation de 75 euros, insiste-t-elle, ne rémunère pas l'acte cultuel ; elle est « une contribution aux frais d'organisation » liés à l'accueil des familles, citant la gestion administrative, la mobilisation du personnel, l'entretien des locaux, le nettoyage, la sécurité et le fonctionnement général du lieu de culte.
La GML rappelle que celle-ci « ne vit que des moyens que lui donne la communauté musulmane », son fonctionnement reposant essentiellement sur les dons des fidèles. Elle récuse toute idée de « marchandisation du culte », affirmant que « l'acte d'adoration n'a pas de prix » tandis que son organisation matérielle « représente un coût réel ». « La participation demandée ne porte donc pas sur la prière elle-même, mais sur les moyens humains et matériels nécessaires à son organisation » et qu'elle a « pour seul objectif de permettre à notre institution de continuer à assurer, dans les meilleures conditions, un accueil digne des familles endeuillées et l'organisation des prières funéraires », souligne l'institution.
Elle assure par ailleurs qu'« aucune famille ne sera privée d'une prière funéraire en raison de difficultés financières », les cas particuliers devant être examinés « avec l'attention, la bienveillance et la solidarité » revendiquées par l'institution.
La GML conclut en se disant « ouverte au dialogue » avec les acteurs de la communauté musulmane, tout en appelant à « préserver l'unité » et à ne pas confondre l'acte cultuel gratuit avec les moyens nécessaires à son organisation.
Lire aussi :
La salat al-janaza, la prière mortuaire : un acte de foi et de solidarité
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Elle assure par ailleurs qu'« aucune famille ne sera privée d'une prière funéraire en raison de difficultés financières », les cas particuliers devant être examinés « avec l'attention, la bienveillance et la solidarité » revendiquées par l'institution.
La GML conclut en se disant « ouverte au dialogue » avec les acteurs de la communauté musulmane, tout en appelant à « préserver l'unité » et à ne pas confondre l'acte cultuel gratuit avec les moyens nécessaires à son organisation.
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