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Michel Seurat repose en France

| Mardi 7 Mars 2006 à 23:34

           

Le cercueil de Michel Seurat a reçu les honneurs au quartier général de la police libanaise ce mardi 7 mars à Beyrouth avant d'être rapatrié en France. Enlevé le 22 mai 1985 avec le journaliste Jean-Paul Kauffman, par une des nombreuses milices impliquées dans la guerre civile du Liban, Michel Seurat est mort en captivité l'année suivante.



A l'époque, l'enlèvement avait été revendiqué par un groupe de miliciens considéré proche du Hezbollah. Les preneurs d'otages avaient ensuite annoncé l'exécution de Michel Seurat le 5 mars 1986, en guise de représailles à l'extradition, par la France, de deux opposants irakiens vers Bagdad. Mais le corps n'avait pas été retrouvé.

Un spécialiste des questions d'islam


C'est à la libération de Jean-Paul Kauffman, le 4 mai 1988, qu'il expliquera que son compagnon de captivité est mort de maladie, une hépatite ou un cancer. Il faudra néanmoins attendre le mois d'octobre 2005, pour retrouver le corps de Michel Seurat dans le sud de Beyrouth. Une expertise génétique en permettra l'identification dans le cadre d'une commission rogatoire internationale.

Maître de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Michel Seurat vivait à Beyrouth avec son épouse. Il menait ses travaux dans le cadre du Centre d'études et de recherches sur le Moyen-Orient contemporain (Cermoc). En 1988, le centre sera déplacé à Amman (Jordanie) et ne reviendra à Beyrouth qu'à partir de 1991. Spécialisé dans l'étude des sociétés du monde arabe, Michel Seurat menait ses recherches sur les questions d'islam.

Le 22 mai 2002, jour anniversaire de l'enlèvement de M. Seurat, une plainte contre X a été déposée par madame Seurat et cinq ex-otages français du Liban «pour crimes d'enlèvements et de séquestration aggravée».

Selon l'Elysée, le président Chirac à déclaré dans une conversation téléphonique avec la veuve de M. Seurat: « Je suis ému de savoir que Michel Seurat pourra enfin reposer parmi les siens et que ses proches pourront se recueillir en sa mémoire ».

Le Prix Michel Seurat


Si le tragique destin de Michel Seurat est peu souvent évoqué, son souvenir n'en reste pas moins présent dans la mémoire des chercheurs français spécialisés dans le monde arabe. Chaque année, le prix Michel Seurat récompense un chercheur français ou ressortissant d'un pays du Proche-Orient ou du Maghreb, âgé de moins de 35 ans.

Ce prix fut institué par le CNRS en 1988, pour honorer la mémoire de M. Seurat. Son programme vise à aider financièrement les chercheurs juniors afin de « promouvoir connaissance réciproque et compréhension entre la société française et le monde arabe ».

Pour les spécialistes français du monde arabe, le Prix Michel Seurat est aujourd'hui l'une des plus prestigieuses récompenses décernées chaque année. En 2005, le lauréat du Prix Seurat a reçu 15.250 €.





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