Un geste républicain ordinaire, une tempête numérique extraordinaire. Vendredi 12 juin, la maire socialiste de Nantes Johanna Rolland s'est rendue à la mosquée de la Beaujoire, ouverte depuis février dernier et située à proximité du stade de football nantais, où elle a été accueillie par le bureau de l'Association culturelle des musulmans de Nantes Est.
Rien d'inhabituel pour l'élue, qui pratique depuis des années la visite des lieux de culte de sa ville. Elle avait déjà effectué le même type de démarche à la cathédrale de Nantes et à la synagogue. Mais la publication de photos de cette visite sur ses réseaux sociaux a tout changé.
Dès le lendemain, Johanna Rolland s’est obligée à faire un message, commençant par un « Ça suffit ! » pour dénoncer le torrent de réactions suscité par sa publication : des commentaires qu'elle a qualifiés de « racistes et islamophobes ». Son équipe a entrepris de masquer ces contenus et de les signaler à Pharos, le portail officiel de signalement des contenus illicites sur Internet.
« Dans notre pays, chacun a le droit de vivre sa religion en paix, et il est inacceptable, voire illégal pour certains, que ces commentaires prospèrent. La libération de la parole raciste, mais aussi misogyne, homophobe, grossophobe… grâce à l’anonymat des réseaux sociaux devient intolérable. Sous l’impulsion de la fachosphère des digues cèdent, impactant durement la République et notre capacité à dialoguer, à vivre ensemble », a-t-elle réagi avec force, révélant ainsi une libération inquiétante de la parole raciste, que la simple visite d'un lieu de culte musulman peut désormais suffire à déclencher.
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