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Sur le vif

Le pédophile gracié non extradable vers le Maroc

Rédigé par La Rédaction | Mardi 6 Août 2013



Daniel Galvan Viña, le pédophile espagnol dont la grâce a été annulée par le roi du Maroc Mohammed VI, a été arrêté lundi 5 août à Murcie, dans le sud-est de l'Espagne.

La grâce accordée mercredi 31 juillet à cet homme condamné à 30 ans de prison pour 11 viols sur des mineurs âgés de 4 à 15 ans avait suscité un tollé au Maroc. Des centaines de personnes avaient manifesté dans les rues de plusieurs villes du pays pour dénoncer cette libération. Finalement, le roi a fait marche arrière, dimanche 4 août, en annulant la grâce du pédophile, arguant ne pas avoir eu connaissance des faits pour lesquels le sexagénaire avait été condamné.

Suite à l’ouverture d’une enquête pour déterminer « les responsabilités et les points de défaillance qui ont pu mener à cette regrettable libération », le directeur de l'administration pénitentiaire a été renvoyé. Il aurait « transmis par inadvertance des informations erronées de la situation pénale de l'intéressé », ont fait savoir les autorités dans un communiqué.

Selon une source proche du dossier à Madrid citée par l’AFP, le gouvernement espagnol avait seulement demandé que Galvan soit transféré en Espagne pour y purger sa peine. Suite au voyage du roi espagnol Juan Carlos au Maroc à la mi-juillet, l'Espagne aurait proposé au Maroc 48 noms, parmi lesquels « une liste de 18 prisonniers pour qu'ils soient graciés et une autre de 30 noms demandant qu'ils soient transférés en Espagne afin d'y purger leur peine. Galvan figurait dans cette seconde liste », a précisé cette source.

Mais les plus hautes autorités espagnoles ont dégagé toutes responsabilités dans la libération de ce prédateur sexuel. La Maison Royale d'Espagne a ainsi assuré n’avoir « rien à voir avec l'élaboration d'aucune liste ». Un porte-parole a indiqué que le roi, lors de son voyage, s'était seulement intéressé à « la situation » des détenus espagnols au Maroc.

Pourtant, cette visite a abouti à la libération d'un pédophile multirécidiviste. On en sait un peu plus sur son profil. Daniel Galvan, d'origine irakienne, vivait à Kenitra, au Maroc depuis 2005. Des médias espagnols comme le quotidien El Pais disent qu'il s'agirait d'un espion qui se présentait comme un professeur d'université à la retraite, ce qui aurait poussé la CNI, l'agence de renseignement espagnole, à demander une « faveur » au Maroc.

Arrêté en Espagne, il doit être mis à disposition du tribunal madrilène de l'Audience nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole, a indiqué un porte-parole du ministère de l'intérieur espagnol. Il ne devrait pas échapper à la prison une nouvelle fois. Cependant, son extradition vers le Maroc s'avère impossible en vertu d'une convention prévoyant que chacun de ces deux pays ne peut extrader ses ressortissants vers l'autre. Une nouvelle qui ne réjouit pas les Marocains. De nouvelles manifestations sont prévues cette semaine dans les principales villes du pays.

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