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Sur le vif

Le mot « race » supprimé des lois

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 17 Mai 2013



Le mot « race » ne figurera plus dans la législation française. L'Assemblée nationale a adopté, jeudi 16 mai, une proposition de loi du Front de gauche supprimant ce terme des lois. Le texte proposé par le Front de gauche prévoit la suppression du mot « race » dans 9 Codes et 13 lois non codifiées, notamment dans le Code pénal, le Code de procédure pénale et la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

La majorité PS s'est ralliée à cette proposition, tout en précisant qu'il s'agissait d' « une première étape ». En effet, François Hollande s'est engagé durant la campagne présidentielle à aller encore plus loin en supprimant le mot « race » de la Constitution. Si l’Elysée assure que cette promesse n’est « pas enterrée », elle ne sera pas insérée dans la première révision constitutionnelle prévue pour le 22 juillet, où ne figurera pas non plus la réforme sur le droit de vote aux élections locales des étrangers non européens.

Le vote de jeudi est une première phase vers la suppression totale d’un « concept aberrant, ayant servi de fondement aux pires idéologies » et qui « n'a pas sa place dans notre ordre juridique », d’après le rapporteur de la proposition, Alfred Marie-Jeanne.

L’initiative a été saluée par la ministre de la Justice Christiane Taubira. « Le message est bienvenu », a déclaré l’auteure de la loi du 21 mai 2001 reconnaissant la traite et l’esclavage comme « crimes contre l’humanité ».

Mais, du côté de l’opposition, le scepticisme reste de rigueur. « Pensez-vous que supprimer un mot fera s'envoler la peste brune de la haine ordinaire ? », a réagi le député Philippe Gomes (UDI), qui a tout de même voté pour le texte. Les critiques ont été les plus virulentes du côté des élus de l’UMP, qui se sont soit abstenus, soit opposés au texte. Une telle « démarche » « aboutit aux idéologies totalitaires », a ainsi commenté Lionel Tardy, qui s'est prononcé contre.

Pourtant, pour ne pas risquer de faire tomber l'incrimination de racisme, les députés socialistes ont fait adopter un amendement affirmant dans l'article premier, que « la République combat le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. Elle ne reconnaît l'existence d'aucune prétendue race ».

Pour les associations de lutte contre le racisme, c’est également un geste à saluer. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) s’est ainsi « réjouit » de l’« initiative » d’une telle proposition de loi. « C'est au nom de la prétendue existence de "races" que les crimes les plus monstrueux ont été commis dans l'histoire de l'humanité, parmi lesquels l'esclavage et les exterminations massives et planifiées d'hommes, de femmes, d'enfants », rappelle l’association dans un communiqué, le jour de l'examen du texte.

Mais « la suppression du mot "race" n'entraînera malheureusement pas la disparition du "racisme" », fait également remarquer le MRAP. Il s'agit donc avant tout d'une résolution symbolique.

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