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La manif interdite

| Lundi 5 Juin 2006 à 10:40

           

Place Denfert Rochereau à Paris, ce dimanche 4 juin, devait se tenir une manifestation en soutien au peuple palestinien. Interdite pour la préservation de « l’ordre public », une centaine de personnes rassemblée sur la place du 14ème arrondissement de Paris ont été interpellée par la Police Nationale. Un jeune homme de 16 ans aurait été tabassé par les gendarmes après avoir crié "Allahou Akbar" (Dieu est grand).



La manif interdite

Arrestations

La manifestation de dimanche 4 juin à 15h, qui devait partir de la Place Denfert Rochereau et terminer sa course devant l’Assemblée Nationale, a été interdite à la dernière minute. Organisée à l’appel d’associations telles que La Pierre et l'Olivier, l'AZLS, le Comité Cheikh Yassine, le collectif de la Communauté tunisienne en Europe ou encore les collectifs Guantanamo et Dieudonné, cette manifestation avait pour but de dénoncer la politique européenne et l’embargo subis par la population palestinienne.

Vers 15h15 selon un militant, les policiers auraient interpellé une bonne centaine de personnes présentes. Parmi celles-ci, Ginette Hesse Skandrani qui a appelé à la manifestation au nom de la « Pierre et l'Olivier », Maria Poumier, Présidente de l’association Entre la Plume et l’Enclume. De nombreux enfants ont aussi été emmenés par les forces de l’ordre en direction de différents commissariats de la ville. C’est après six heures d’arrestation et d’interrogatoire, que vers 21h, les derniers manifestants quittent le commissariat du treizième arrondissement de Paris. Convoqué au Parquet, Ginette Hesse Skandrani, témoigne qu’un jeune de 16 ans a été tabassé par les gendarmes et arrêté après avoir crié « Allahou Akbar » (Dieu est grand). Soigné à l'Hôtel-Dieu, il était toujours en garde à vue dimanche soir.

Aucun média n’aurait semble-t-il fait part de l’annonce et du suivi de cette manifestation. Les associations accusent un certain lobbying pro israélien qui aurait fait circuler une « consigne de silence total relative à cette grave atteinte à la liberté de manifestation », selon un militant pro palestinien.


Interdiction de manifester

Pour organiser une manifestation, les associations doivent faire une demande à la préfecture de la ville. Celle ci s’autorise le droit de refuser tout rassemblement simplement dans le cas ou il menacerait gravement l’ordre public. Il s’agit de savoir ce que veut dire « menacer l’ordre public ».

Voici un extrait de l'arrété, remis en main propre à Ginette Hesse Skandrani :

« Considérant les récents incidents liés à la situation internationale au Proche-Orient qui se sont déroulés dans la capitale,
Considérant qu'il convient de prévenir le renouvellement de tels incidents,
Considérant que le déroulement de cette manifestation présente également un risque important de survenance de débordements violents et de troubles manifestes à l'ordre public,
Considérant en effet qu'il a été porté à la connaissance des services de la Préfecture de police que le déroulement de cette manifestation serait de nature à donner lieu à des contre-manifestations susceptibles d'entraîner des troubles graves à l'ordre public,
Considérant que pour prévenir ces menaces à l'ordre public et assurer la sécurité des personnes et des biens,
Il convient de prendre immédiatement toute disposition nécessaire pour empêcher la tenue d'une telle manifestation.
Signé Le Préfet de police
Pierre Mutz
Paris, 2 juin 2006 »


« Ce sont des associations juives, telles que la LICRA et le CRIF, qui ont fait pression pour demander l’interdiction de cette manifestation. Elles ont gagné. Nous vivons dans un pays occupé. » Déclare ainsi Ginette Skandrani. « La préfecture a refusé le droit de manifestation sous le pretexte que des menaces avaient été proférées contre nous et que la police ne pouvait pas nous protéger. Nous avions juste été autorisés à être sur place pour informer les gens. Je pense que c’est le fait d’avoir mis le drapeau palestinien sur moi qui a déclenché l’arrestation des manifestants par les forces de l’ordre. »

La préfecture rappelle de plus que « Les services de police ont reçu des consignes d’extrême fermeté en ce sens et procèderont à l’interpellation immédiate des contrevenants qui seront présentés à la justice pour répondre de ces faits. » Selon l'Article 431-9 du code pénal, l’organisation d’une manifestation « illicite » peut être punie de six mois d’emprisonnement et de 50 000 Francs d’amende soit un peu plus de 7 600 Euros.








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