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La dissidence chinoise pressentie pour le Prix Nobel de la Paix 2008

| Jeudi 9 Octobre 2008 à 08:32

           

A la veille de l'annonce du prix Nobel de la Paix 2008, ce vendredi 10 octobre, les opposants chinois ont les faveurs du comité norvégien. Plusieurs experts se sont clairement positionnés en ce sens pour rappeler ainsi à Pékin ses obligations en matière de droits de l'Homme après la réussite des Jeux Olympiques. Parmi les nominés, une femme. Rebiya Kadeer, dissidente en exil, représente la cause Ouïghour, ce peuple musulman de la province du Xinjiang. Parmi les favoris, deux opposants au régime chinois. Hu Jia et Gao Zhisheng sont en prison.



La dissidence chinoise pressentie pour le Prix Nobel de la Paix 2008
Pour Stein Toennesson, directeur de l’Institut de recherche pour la paix d’Oslo (PRIO), il n’y a pas de doute : « Le prix ira enfin cette année à un dissident chinois ». Parmi les cent quatre-vingt dix-sept prétendants internationaux, figurent au moins trois opposants emprisonnés ou en exil, connus pour leur lutte en faveur des droits de l’Homme et leur opposition au régime chinois. Nominée en 2005, 2006, 2007 et cette année encore, la dissidente musulmane ouïgour, Rebiya Kadeer, en exil aux Etats-Unis depuis sa sortie de prison en 2005, espère recevoir cette distinction : « Si je reçois le prix Nobel, le monde entier sera au courant de la cause ouïgour. Comme pour le Tibet. Nous pourrons enfin obtenir le support de la communauté internationale »* confiait-elle l’année dernière.

Depuis quelques jours, Hu Jia, militant de la démocratie, défenseur de l’environnement et des victimes du sida, part favori. Arrêté en avril dernier, il purge une peine de trois ans et demi pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat ». L’avocat Gao Zhisheng, qui a dénoncé officiellement la répression menée contre le mouvement Fa Lun Gong est également en bonne place pour le titre.

La position de Stein Toenneson vient confirmer une volonté exprimée, déjà par le passé, au sein du comité Nobel. Geir Lundestad, l’un des cinq influents secrétaires nommés par le parlement Norvégien, avait déclaré « que tôt ou tard il faudra que l’on s’attaque à la question chinoise ». Car, pendant longtemps, rappelle Stein Toenneson « on a avancé l’argument qu’il ne fallait pas perturber la préparation des Jeux olympiques parce que l’évènement est d’une importance majeure non seulement pour le régime en Chine, mais pour le peuple chinois » explique-t-il.

L'après JO

Et après l’olympique démonstration faite cet été, l’attribution de prix Nobel de la Paix à un Chinois, enverrait un signal fort aux autorités. Le directeur du PRIO estime même que le pays « devrait être suffisamment mature pour accepter un tel prix sans se hérisser ». En ce sens, Janne Haaland Matlary, professeur de politique internationale à l’université d’Oslo reconnaît que « ce serait une occasion en or de souligner ce qui n’est pas acceptable » car, « pendant les jeux, nous avons vu encore beaucoup de répression, une gestion très immature des droits de l’homme et de la démocratie » souligne-t-elle.

Ce qui n’est pas du goût de la République populaire de Chine qui a critiqué une nouvelle fois mardi 7 octobre, les orientations du comité. « Nous espérons que le prix Nobel sera attribué aux bonnes personnes » avait indiqué Qin Gang, un porte parole du ministère des Affaires étrangère, à propos de la probable nobélisation de Hu Jia. Selon lui, « certains de ceux qui ont eu le prix vont à l’encontre du but initial de Monsieur Nobel » dont le « but premier était de promouvoir la paix dans le monde et le progrès de l’humanité » souligne-t-il. Une façon détournée de contester, une nouvelle fois, l’attribution en 1989, du Prix au dalaï lama, chef spirituel tibétain en exil.

Et, si comme chaque année, le candidat attendu n’est pas forcément le candidat distingué, d'autres noms circulent à la veille de l'annonce du lauréat, vendredi 10 octobre à Oslo. Parmi eux, l'avocate Russe Lidia Ioussoupova, qui se consacre au recueil de témoignages des victimes tchétchènes, ou encore Ingrid Bétancourt, l'ex-otage des Farc. La remise du prix aura lieu, dans deux mois, le 10 décembre, date anniversaire de la mort de son fondateur, Alfred Nobel. Une date qui coïncide cette année avec le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.


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*Chine: Rebiya Kadeer, dissidente ouïgour nominée pour le prix Nobel de la Paix 2008, Sylvie Lasserre, sylvielasserre.blog.lemonde.fr






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