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La croissance sociale selon Villepin

Rédigé par Ammar B. | Vendredi 2 Septembre 2005 à 00:00

           

Le Premier ministre a fait sa rentrée politique hier jeudi, à une semaine de l’anniversaire de ses « cent jours à Matignon ». Effet d’annonce ou opération médiatique, Dominique de Villepin a réussi son coup. Dans la salle de conférence de Matignon, les journalistes ont croulé sous une avalanche de réformes que l’orateur, entouré de huit de ses ministres, a présenté comme une volonté de « croissance sociale ». En clair, il s’agit de faire en sorte que les bénéficiaires d’aides sociales aient envie de travailler. Mais plus que jamais, le scepticisme est à l’ordre du jour dans les rangs des acteurs sociaux.



Le Premier ministre a fait sa rentrée politique hier jeudi, à une semaine de l’anniversaire de ses « cent jours à Matignon ». Effet d’annonce ou opération médiatique, Dominique de Villepin a réussi son coup. Dans la salle de conférence de Matignon, les journalistes ont croulé sous une avalanche de réformes que l’orateur, entouré de huit de ses ministres, a présenté comme une volonté de « croissance sociale ». En clair, il s’agit de faire en sorte que les bénéficiaires d’aides sociales aient envie de travailler. Mais plus que jamais, le scepticisme est à l’ordre du jour dans les rangs des acteurs sociaux.

 

La liste de réformes annoncées par Dominique de Villepin est pour le moins ambitieuse. De la fiscalité à l’énergie en passant par le logement, l’entreprise, les travaux et l’aide sociale, le Premier ministre a annoncé des changements qui, s’ils sont mis à l’œuvre, ne manqueront pas de bousculer le paysage social français. Dans son ensemble, la droite approuve les mesures annoncées. Pour l’UMP, cette politique « peut permettre aux Français de retrouver la confiance dans les mois qui viennent ». En attendant la déclaration de Nicolas Sarkozy prévue dimanche, son parti soutien cette « politique résolue de valorisation du travail et d’augmentation du pouvoir d’achat ».

 

Une cascade de mesures

 

Le Premier ministre a vingt mois devant lui pour mettre son plan à l’œuvre. En arrivant à Matignon, il s’était donné cent jours pour réussir la première phase de sa mission. Ce délai expire dans une semaine et le problème du chômage est loin d’être résolu. « Mon institutrice écrivait systématiquement sur ma copie : se donne beaucoup de mal mais peut mieux faire. Je souhaite que les Français, au terme de ces cent jours, expriment le même avis » a expliqué le Premier ministre en évoquant la légère baisse du taux de chômage passée sous la barre de 10%.

Une réforme du système fiscal et une baisse d’impôt sur le revenu est censée aider les foyers des la « classe moyenne ». Un plafonnement de la taxe professionnelle conjugué avec une baisse de la taxation des plus-values vise à aider les entreprises dont certaines seront exonérées d’impôt et de charges fiscales et sociales à condition que le bonus soit versé par l’entreprise. La prime pour l’emploi est revue à la hausse et une prime de 1000 € sera accordée aux bénéficiaires de minima sociaux en cas de reprise d’activité avec 150 € mensuels pendant un an.

Dans le contexte du double drame des incendies de Paris, le Premier ministre annonce la libération de terrains publics pour construire 20 000 logements sociaux, construction de 5000 logements d’urgence Sonacotra. Un prêt à taux zéro sera ouvert aux ménages vivant en zone urbaine et gagnant entre quatre et sept mille euros par mois.

La liste des mesures est longue et parfois technique. L’effet médiatique est garanti. Mais dans le scepticisme demeure. François Sauvadet, porte-parole de l’UDF, voit juste lorsqu’il affirme que «les Français risquent de se perdre dans cette multitude de mesures» dont le financement reste à préciser.

Dominique de Villepin est en campagne

Pour Jean-Marc Ayrault du parti socialiste, «le gouvernement annonce une réforme de l'impôt sur le revenu pour privilégier les plus hauts revenus, les revenus les plus aisés». Le parti communiste lui fait écho par la voix d’Alain Bocquet, président du groupe socialiste : «le plan de relance annoncé par le Premier ministre n'apporte aucun début de réponse à l'exigence de justice sociale, de revalorisation du pouvoir d'achat et des salaires exprimée par nos concitoyens et le monde du travail. » Et M. Bocquet d’ajouter que « plus que jamais, le gouvernement et la droite mobilisent les ressources publiques pour satisfaire les exigences du Medef », le syndicat des patrons.

Le premier secrétaire du PS crie à la « manipulation ». M. François Hollande, estime que « Villepin donne des signes à ses propres clientèles : le plafonnement de l’impôt sur la fortune, la réforme nnoncé de l’impôt sur le revenu. Mais, pour le plus grand nombre de nos concitoyens, rien n’est prévu, sauf quelques mesures sporadiques et conjoncturelles. Le plafonnement de l’ISF ser,a en définitive, un allègement. C’est une habileté, pour ne pas dire une manipulation ».

Pour le parti des Verts, les mesures annoncées par le Premier ministre sont purement politiques. «C'est le début de la longue marche du candidat Dominique de Villepin (...) Les grands oubliés, ce sont les classes populaires, les salariés pauvres». Cette analyse résume les commentaires exprimés dans les syndicats. La grogne s’installe et la riposte se prépare car Dominique de Villepin ne les pas convaincu.





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