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Sur le vif

Hakim El Karoui : le président de l’Institut des cultures d’islam dans la tourmente

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 4 Mars 2011



Le président de l’Institut des cultures d’Islam (ICI) est visé par une demande de démission pour avoir écrit à l’ancien président Ben Ali des notes techniques de « sortie de crise », au moment de la révolution de jasmin. Le site Médiapart a publié, jeudi 3 mars, une pétition émanant de plusieurs intellectuels et personnalités politiques demandant la démission de Hakim El Karoui, nommé en mai 2010 par Bertrand Delanoë à la tête du centre culturel musulman du quartier de la Goutte-d’Or, dans le 18e arrondissement de Paris.

Dans leur appel, les signataires accusent Hakim El Karoui d’avoir voulu « jouer le conseil du prince soutenant le régime dictatorial de Ben Ali dont le bilan des répressions s'élève à 219 morts », des agissements contraires à leur « vision de la morale et de l'éthique politique ». Les notes envoyées par Hakim El Karoui (franco-tunisien de 40 ans, par ailleurs banquier chez Rothschild), montreraient une « compromission avec un pouvoir corrompu et violent, et trahiraient la lutte exemplaire de la jeunesse tunisienne ».

Hakim El Karoui a fait parvenir deux notes au président Ben Ali durant le mois de janvier 2011. La première, en date du 12 janvier, appelle à « sanctionner les responsables qui ont mal fait leur travail » et conseille à Ben Ali d’« envoyer un message de compassion aux familles des victimes ». La seconde a été envoyée le 14 janvier, quelques heures avant la fuite du président. Cette missive appelait le leader tunisien à « arrêter de suivre les journalistes étrangers », ou encore à « réunir les partis politiques existants et annoncer que de nouveaux vont pouvoir être créés bientôt ».

Le président de l’ICI s’est défendu dans une lettre adressée au conseil d’administration de l’Institut. Il nie avoir été un « conseiller » et déclare avoir agi sur la demande de Marwan Mabrouk, un gendre de Ben Ali. « Il m'a demandé dans la dernière semaine du pouvoir de l'ex-président de lui envoyer des idées avec l'intention d'essayer de les lui faire passer », explique-t-il. « L'objectif était d'essayer de faire baisser la violence et d'organiser une transition pacifique vers la démocratie. »

Interrogé sur France Culture, le maire de Paris Bertrand Delanoë a soutenu M. El Karoui, affirmant faire « totalement confiance » à celui qui a toujours « dénoncé la corruption et les atteintes aux droits de l’homme » en Tunisie.


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