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Guerre au Liban : Olmert ouvre une enquête

| Lundi 18 Septembre 2006 à 09:26

           

Ce dimanche, le cabinet Olmert a chargé une commission d’enquêter sur le déroulement de la guerre que l’état d’Israël a fait contre le Liban cet été. Un juge à la retraite, Eliayhu Winograd, ainsi que quatre autres membres de la commission auront pour but de juger les décisions gouvernementales et militaires, prises durant cette période. De nombreuses manifestations se sont déroulées à Tel Aviv demandant expressément la démission d’Ehud Olmert. De son côté, le président libanais demande que l’Etat d’Israël respecte toutes les résolutions de l’ONU.



Guerre au Liban : Olmert ouvre une enquête
Le cabinet israélien a nommé une commission chargée de mener l’enquête sur la manière dont le gouvernement et l'armée ont conduit la guerre contre le Hezbollah au Liban, du 12 juillet au 14 août, date de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, a été la cible de nombreuses critiques concernant la façon dont a été préparée et conduite la campagne militaire du Liban. Déclenchée le 12 juillet à la suite de l'enlèvement de deux soldats israéliens lors d'un raid sur la frontière, l’état d’Israël a rétorqué presque immédiatement et de façon particulièrement violente, tuant, durant ce mois d’attaque, 1 200 libanais principalement des civils. Durant ces affrontements, 162 israéliens, essentiellement des soldats sont morts.
Ces 34 jours de combats devaient réduire l’intensité des tirs de roquettes du Hezbolllah sur le territoire israéliens, pourtant la milice armée a tire près de 4.000 roquettes sur Israël. De nombreux réservistes israéliens, ayant combattu au Liban se sont plaints de la mauvaise planification des opérations et de nombreuses erreurs de stratégie. Plusieurs milliers de manifestants israéliens ont réclamé l'ouverture d'une enquête indépendante sur la guerre, dont les membres de la commission doivent être nommés par un juge de la Cour suprême. Une telle enquête prendrait beaucoup trop de temps a estimé le premier ministre Ehud Olmert. Le gouvernement a donc approuvé par 20 voix contre deux et une abstention, la nomination par Olmert d'un juge à la retraite, Eliayhu Winograd, et de quatre autres membres à une commission qui étudiera les décisions prises par les hommes politiques et les chefs de l'armée pendant le conflit au Liban.

Des dizaines d'anciens combattants ont manifesté leur mécontentement devant les bureaux du premier ministre, en brandissant des panneaux appelant à la démission d'Olmert, de son ministre de la Défense, Amir Peretz et du chef d'état-major, le général Dan Halutz. Sur un panneau on pouvait lire: "Seul un âne ne voit pas que la commission Winograd est un écran de fumée." Par le passé, à la suite de guerres israélo-arabes, de nombreuses enquêtes similaires ont débouché sur la démission de hautes personnalités israéliennes.

Peretz, le chef de file du Parti travailliste, principal partenaire de la coalition d'Olmert, avait réclamé une enquête indépendante sur la guerre. Selon les médias israéliens, la commission doit entamer ses travaux aujourd’hui même. « J'espère très fort que la commission achèvera son travail dans un délai rapide, dès que possible, et aidera l'Etat d'Israël à mieux préparer les défis qui nous attendent », a déclaré Olmert en conseil des ministres.

Olmert a d’autre part, vivement critiqué la couverture du conflit par les médias étrangers. De nombreux Israéliens semblent partager ce point de vue. Le premier ministre israélien a vivement critiqué le travail des journalistes : « Prenant pour excuse le fait que la vérité soit subjective, les médias se sont sentis libérés de l'obligation de rapporter la vérité et de la rechercher, et des mensonges ont été présentés comme étant la vérité », a-t-il déclaré dans un discours à l'université de Tel Aviv.


Israël doit respecter les résolutions de l'ONU

De son côté, le président libanais Emile Lahoud, a clairement invité Israël à respecter toutes les résolutions décidées par l’ONU à son sujet. Il a indiqué, samedi à La Havane, qu'une paix durable au Liban, et au Moyen-Orient en général, ne serai possible que par l'application de toutes les résolutions de l'Onu par l’état d’Israël, y compris celle portant sur le retour des réfugiés palestiniens.

Prenant la parole au cours du au 14e sommet du Mouvement des non-alignés (MNA) tenu dans la capitale cubaine, M. Lahoud a déploré que depuis de longues années, son pays est « victime d'agressions venues en permanence d'Israël ». Il a précisé que l'Etat hébreu avait été largement « appuyé par les Etats-Unis et des pays d'Europe. (…) C'est le seul pays au monde qui s'est créé un site à part où il peut faire ce que bon lui semble ». Le président Lahoud a de plus, grandement dénoncé l’attaque sans discernement, ainsi que les destructions des infrastructures du Liban lors de cette dernière agression israélienne : « Toutefois, Israël a essuyé une défaite, et les Libanais sont fiers de leur résistance et de leur capacité de lutter pour leurs droits et leur dignité », a-t-il lancé, avant de jurer : « Le Liban reprendra le contrôle de tout son territoire. »

Au cours de la même réunion des pays Non Alignés, qui se son rencontrés à la Havane ce week-end, le président algérien, Abdelaziz Bouteklika, a fait une déclaration tonitruante concernant le Proche Oient : « La dégradation de la situation dans les territoires palestiniens et au Liban fait peser de réelles menaces sur la paix dans l’ensemble de la région condamnée à une instabilité chronique par l’agressivité israélienne. (…) Notre Mouvement doit condamner de la manière la plus énergique les destructions et les actes barbares commis par Israël en violation du droit international, notamment contre des civils innocents. Dans les territoires palestiniens, la persistance d’Israël dans sa politique d’occupation et d’agression ne permet pas d’envisager un retour à la paix dans cette région soumise à la violence et à la terreur depuis plus d’un demi-siècle. (…) Je veux, du haut de cette tribune, réitérer notre solidarité avec les peuples palestinien et libanais et saluer leur combat pour leur dignité et leur liberté. Nous réaffirmons notre soutien aux droits légitimes du peuple palestinien et nous appelons au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban ainsi qu’à l’évacuation du Golan syrien occupé. »






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