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Politique

Ce que Force Républicaine propose contre l'institutionnalisation d'un islam de France et « l'islamisme »

Rédigé par | Mercredi 19 Septembre 2018

Force Républicaine a rendu public, lundi 17 septembre, un rapport contenant une série de propositions visant à écarter l’institutionnalisation d'un islam de France mais aussi faire reculer « l’islamisme en France ». Le point sur ce que contient le document.



Ce que Force Républicaine propose contre l'institutionnalisation d'un islam de France et « l'islamisme »
Alors que les annonces d’Emmanuel Macron visant à « poser les jalons de toute l’organisation » de l’islam en France se font attendre, Force Républicaine, un groupe de réflexion crée par François Fillon en 2002 et aujourd’hui présidé par le sénateur LR Bruno Retailleau, a rendu public un document exposant 30 propositions pour lutter contre « l’islamisme en France ».

Force Républicaine, qui décrit la France comme « le pays européen le plus aux prises avec l’islamisme, qu’il soit djihadiste à travers les multiples attentats sur notre sol depuis 2015, ou uniquement séparatiste avec la communautarisation d’une partie de l’islam », y dénonce « l’illusion dangereuse » qui découlerait du projet présidentiel d’institutionnaliser l’islam de France.

Ce qu'écarter une institutionnalisation d’un « islam de France » impliquerait

En ce sens, le groupe de réflexion lié aux Républicains recommande la mise en place d’une « politique de séparation, de protection et d’assimilation » allant dans le sens d’un « dialogue renforcé avec les Français musulmans » et d'une poursuite d'un « dialogue nécessaire entre l’Etat et les représentants du culte musulman » plutôt que d’une « institutionnalisation d’un "islam de France" » à écarter, jugeant un tel projet non conforme au « principe de neutralité de l’État ».

Or, le chef de l'Etat serait sur le point d’instituer « une politique de confusion » dans laquelle « la République interviendrait dans la gestion du culte musulman et même se substituerait à lui quant à son organisation et sa représentation. S’orienter vers un islam concordataire serait contraire à la loi de séparation ». Un projet à laquelle s'oppose le Conseil français du culte musulman (CFCM) qui martèle son refus de voir l'Etat s'ingérer dans les affaires du culte.

Ce refus d'une « institutionnalisation d’un islam de France » implique pour Force Républicaine que la non-participation des pouvoirs publics « dans la création de structures ou organisations censées représenter « l’islam de France », « dans des mécanismes fiscaux de financements du type taxe halal ou relatifs au pèlerinage à La Mecque », « dans la création d’une faculté de théologie musulmane à Strasbourg, projet régulièrement évoqué : le régime concordataire en Alsace ne peut être utilisé pour contourner l’exigence de neutralité de l’Etat », et « dans des formations destinées aux imams qui auraient une dimension confessionnelle, et non pas seulement civique. »

Des propositions de mesures liberticides au menu du rapport

Ce « dialogue renforcé avec les Français musulmans » voulue par Force Républicaine s'accompagne cependant de propositions de lois qui ont bien leurs chances de braquer ces derniers. « Si la République veut neutraliser le totalitarisme islamique, elle doit l’appréhender dans sa totalité », lit-on en préambule.

Le groupe de réflexion souhaite ainsi l’interdiction des « signes religieux à l’université publique » en se référant aux événements tels que la « journée du hijab à Sciences Po » ou encore « la constitution de mouvements étudiants de type communautaire », citant Étudiants Musulmans de France.

Il souhaite également l’endurcissement des mesures relatives aux manifestations publiques de l’appartenance religieuse – à l’islam en particulier – en proposant, entre autres, d’instituer le port de la burqa en public comme un délit et non plus comme une simple infraction. Elle recommande d’ailleurs la suppression des « aides sociales et familiales pour les personnes récidivistes ».

Autre mesure, « défendre, au besoin par la loi, les règlements intérieurs adoptés par les associations et les entreprises en faveur de la discrétion religieuse » ; en d'autres termes, les règlements instituant l'interdiction du voile jusque dans le secteur privé. « La position du comité de l’ONU dans l’affaire Baby Loup, qui ne lie d’ailleurs pas la France juridiquement, ne doit recevoir aucune suite », précise-t-on

« L'empreinte du christianisme » doit demeurer seule

Pour le groupe de réflexion, « si la République est laïque, la France dispose d’un héritage culturel marqué par l’empreinte du christianisme ». Il refuse donc la modification des jours fériés dans le calendrier « pour des motifs confessionnels ». Les crèches de Noël devraient être permises dans les lieux publics car elles sont considérées comme un fait culturel mais, dans le même temps, des événements tels que la Nuit du Ramadan à l’Hôtel de Ville de Paris devraient être interdits, car, en tant qu’événements cultuels, ils porteraient « atteinte au principe de laïcité ».

Force Républicaine recommande également la mise en place d’« une autorisation préalable pour tout investissement étranger cultuel en France », la création d’un établissement d’incarcération pour les présumés jihadistes français, la reconnaissance du salafisme comme une « dérive sectaire » comme le recommandait un rapport du Sénat en juillet qui devrait faire l’objet d’une forte mobilisation de « l’arsenal juridique » ainsi que l’expulsion des « étrangers présentant un degré de radicalisation ». et la déchéance de la nationalité des « binationaux radicalisés ».

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur