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Sur le vif

Attaque à la préfecture de police de Paris : suspendu puis blanchi, un officier musulman contre-attaque en justice

Rédigé par Benjamin Andria | Mardi 19 Octobre 2021 à 15:45

           


Attaque à la préfecture de police de Paris : suspendu puis blanchi, un officier musulman contre-attaque en justice
Deux ans après la tuerie perpétrée au sein de la préfecture de la police de Paris, un officier musulman a décidé de porter plainte contre X pour dénonciation calomnieuse et discrimination, rapporte dimanche 17 octobre France Inter. Il faisait partie des sept agents à avoir été suspendus et désarmés devant leurs collègues après l’attaque au couteau qui avait fait quatre morts en octobre 2019.

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Le plaignant est un capitaine de police qui avait accès depuis des années aux fichiers de fugitifs en lien avec des dossiers terroristes. Après l’attaque, des inquiétudes ont émergé parmi des agents en raison notamment de son appartenance religieuse : l'agent est un converti à l’islam. Après plusieurs signalements, sa hiérarchie a décidé de le suspendre en le soupçonnant de radicalisation. Après quatre mois de suspension, il est discrètement réintégré dans le service des fraudes à la TVA en mars 2020.

Ni excuses ni proposition de réintégration

Une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui s'est appuyé sur 17 témoignages de collègues, en particulier des femmes, a conclu à l’absence totale d’une possible radicalisation islamiste.

Daté du 8 juin 2020, le rapport blanchissant le fonctionnaire n’est parvenu à la connaissance de ce dernier qu’au cours de l’été 2021. C’est un autre rapport du ministère de l’Intérieur, daté du 11 juin 2021 cette fois, qui a motivé la plainte du capitaine de police. Elle n'a, en effet, pas tenu compte du rapport de l'IGPN mais de celui de 2011 lié à une enquête administrative alors diligentée contre l’agent : « Monsieur C. a déjà fait l'objet, en 2011, d'un signalement et d'une enquête interne à l'initiative de sa hiérarchie à la suite de critiques émanant de collègues résultant de sa méconnaissance notoire et manifeste, y compris durant son service, des principes de laïcité et de neutralité ainsi que pour suspicion de radicalisation. »

Ce rapport administratif est resté sans suite mais il a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour le concerné, qui n’a jusqu’ici reçu ni excuses, ni la moindre proposition de réintégration dans un service anti-terroriste. « Nous aurions pu comprendre avec le poids de l’émotion, (…) avec le poids de la responsabilité, que, au moment de la commission de cet attentat terrible, le ministère de l’Intérieur puisse se mouvoir, agir, surveiller. Très bien. Mais deux années plus tard, on le traite de terroriste ! Sans procès, sans éléments, sans faits matériels, on vous assigne à un soupçon de terrorisme, un soupçon de radicalisation ; mais où va-t-on ? Toute cette attitude démontre qu’il y a eu une discrimination », a fait valoir un de ses avocats, Me Anass Khafif, à France Inter. Le plaignant et ses avocats se disent prêts à porter plainte devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) si nécessaire.

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