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Religions

Aïd al-Adha 2020 sous Covid-19 : de la prière à l’abattage, les musulmans appelés à « l’extrême vigilance »

Aïd el-Kébir 1441/2020

Rédigé par | Lundi 20 Juillet 2020 à 08:30

           

L’Aïd al-Adha approche à grands pas et cette importante fête pour les musulmans se déroule cette année 2020 dans un contexte de crise sanitaire mondiale sans précédent. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) délivre une série de préconisations pour une organisation de l’Aïd réussie.




Non, l’Aïd al-Adha ne sera pas « annulé » cette année en raison du Covid-19. Néanmoins, l’organisation de la fête du sacrifice est naturellement amenée à être revue selon la situation épidémiologique de chaque région, dans chaque pays. A moins que celle-ci ne se dégrade en France, il n’y a, à ce jour, pas d’interdiction générale des rassemblements religieux ou de l’abattage en vue (voir encadré plus bas).*

Aucune consigne d’interdiction n’a été formulée en ce sens aux préfectures par les ministères de l’Agriculture et de l’Intérieur. Toutefois, « le contexte de pandémie que nous traversons appelle à la plus grande vigilance » de tout à chacun, souligne, dimanche 19 juillet, le Conseil français du culte musulman (CFCM), la fête du sacrifice étant, rappelle-t-on, « l’occasion de nombreux rassemblements, celui de la prière de l’Aïd, la prière de vendredi, l’acte sacrificiel dans les abattoirs et les repas familiaux ».

Lire aussi : Quelle date pour l’Aïd al-Adha 1441/2020 en France ?

Un oui à la prière de l’Aïd mais sous conditions

Le CFCM a transmis à ses instances régionales un avis détaillant ses recommandations pour une célébration de la fête réussie (à lire plus bas). L’Aïd al-Adha ayant lieu « très probablement le vendredi 31 juillet », ce seront deux prières que les musulmans seront amenés à célébrer collectivement le même jour. Elles ne devront pas réunir chacune plus de 5 000 personnes, « même lorsque celles-ci sont organisées dans des espaces non fermés de type plein air ».

Comme ailleurs, en d’autres circonstances, il faudra « éviter les embrassades et adopter la salutation sans contact physique » et « le port du masque pour toute personne âgée de 11 ans et plus ainsi que la distanciation physique d’un mètre entre deux personnes sont obligatoires » afin de limiter au maximum les risques d'un rebond de l’épidémie.

Lire aussi : Le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos de France dès le 20 juillet

Qu’en est-il de l’abattage des animaux ?

Avec ou sans Covid-19, l’acte sacrificiel consistant à l’abattage d’un ovin (un par famille) ou un bovin (un pour sept familles) est « une recommandation, voire une obligation pour certaines écoles » mais n’est « pas une fin en soi ». Ainsi, « l’abattage des animaux en dehors des abattoirs (pérennes ou temporaires agréés par l’État) est interdit et constitue un délit », rappelle le CFCM.

« Compte tenu de la capacité limitée des structures d’abattage agréées » comme chaque année constatée, l’acte sacrificiel, qui doit être effectué par des sacrificateurs habilités, peut intervenir « sur les trois jours de l’Aïd al-Adha ». Par ailleurs, le sacrifice par délégation, qui permet à un musulman de confier en amont l’abattage de son animal « à une personne physique ou à une ONG humanitaire reconnue pour ce service », est « unanimement autorisé ».

« De nombreux foyers de contamination (clusters) se sont déclarés autour des abattoirs. Il convient d’y réduire la fréquentation en privilégiant la délégation et en étalant l’acte sacrificiel sur les trois jours de la fête », fait part le CFCM, pour qui les recommandations « peuvent évoluer en fonction de l’actualisation des connaissances et des données épidémiologiques ».

L’Aïd al-Adha est assurément « un moment de partage » mais « se protéger mutuellement restera notre devoir premier ».

L’avis détaillé du CFCM est disponible à la lecture ici.

* A ce jour, seule la préfecture d'Eure-et-Loir a fait valoir la crise sanitaire pour interdire le marché au vif et empêcher la mise en place d’abattoirs mobiles cette année. Le représentant de l'Etat a évoqué auprès des responsables musulmans de Dreux, selon L’Echo Républicain, « un bassin drouais particulièrement touché par la pandémie avec de nombreux malades et des morts et le développement de clusters particulièrement dans les abattoirs ».

Le président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Centre, Bouchaïb Erraji, a invité ses fidèles « à patienter en attendant des jours meilleurs et à faire don de la somme qui aurait été déboursée pour l'achat d'un mouton pour une œuvre de solidarité ».

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur