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Politique

Valéry Giscard d’Estaing est mort, retour sur son parcours politique

Rédigé par | Jeudi 3 Décembre 2020 à 10:55

           

L'ancien chef de l'Etat Valéry Giscard d’Estaing, à la longévité politique record, est décédé mercredi 2 décembre.



Valéry Giscard d’Estaing est mort, retour sur son parcours politique
Avec sa disparition, c'est une page de l'histoire de France qui se tourne. Valéry Giscard d’Estaing, qui a présidé aux destinées de la France de 1974 à 1981 après le décès de Georges Pompidou, est décédé, mercredi 2 décembre, à l'âge de 94 ans des suites du Covid-19, a fait savoir sa famille à l'AFP.

L'ascension de Valéry Giscard d'Estaing a été fulgurante. Élu en 1974 à l’âge de 48 ans, il devenait alors le plus jeune président de la 5e République. Un record qui sera battu en 2017 lors de l'élection d'Emmanuel Macron. Mais à la différence du fondateur d'En Marche, son prédécesseur, issu de la haute bourgeoisie provinciale, avait une longue et solide expérience politique derrière lui. Après avoir embrassé la carrière d'inspecteur des finances, il est élu député du Puy-du-Dôme en 1956 avant d'intégrer le gouvernement sous l'ère De Gaulle en devenant secrétaire d'État puis ministre des Finances (1959-1966) puis ministre de l'Economie sous la présidence Pompidou (1969-1974). Entre-temps, il a occupe le fauteuil de maire de Chamalières entre 1967 et 1974.

Un président réformateur très fermé à l'immigration

Durant son unique septennat, Valéry Giscard d’Estaing, aussi appelé VGE, a mené plusieurs réformes d'importance dont l'accès au droit de vote dès 18 ans au lieu de 21 ans, la loi Veil dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ou encore la fin de l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF).

C'est néanmoins sous son mandat que la crise économique éclate des suites du premier choc pétrolier en 1973, qui marque la fin des Trente Glorieuses. Il aura du mal à endiguer la forte montée du chômage. Avec lui, et loin de l'image libéral qu'il cultivait, il a fait le choix de durcir la politique migratoire. Au-delà d'un freinage important de l'immigration, il a encouragé les retours définitifs des immigrés vers leurs pays d'origine. Il s'était même prononcé pour le remplacement du droit du sol par celui du sang.

Sa fin de mandat est entachée par l'affaire des diamants de Bokassa, révélée en 1979 par le Canard enchaîné. VGE était ministre des Finances en 1973 quand il s'était vu offrir par l'empereur centrafricain Bokassa. En réponse, VGE a alors déclaré n'avoir rien gardé de ce cadeau et que le produit de la vente des diamants a été remis à des oeuvres de bienfaisance. Que ce soit à cause de cette affaire ou pas, il perd sa course vers l'Elysée.

© GNU FDL
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Un défenseur de la construction européenne

Candidat à sa réélection en 1981, l'homme derrière l'émergence de l’Union pour la démocratie française (UDF, centre droit) en 1978, est battu par le socialiste François Mitterrand, un adversaire qu'il avait battu de peu en 1974. Valéry Giscard d'Estaing a été un fervent défenseur de la construction européenne. A peine âgé de 30 ans, l’homme politique, qui était alors député, a plaidé en faveur de la ratification du Traité de Rome en 1957 instituant la Communauté économique européenne (CEE), l'ancêtre de l'Union européenne.

Dès son arrivée au pouvoir, le Conseil européen, qui réunit aujourd'hui les dirigeants des États membres de l’Union européenne, est instaurée. Deux ans avant la fin de son mandat, VGE participe à la création du Système monétaire européen avec le chancelier allemand de l'époque, Helmut Schmidt. La même année, en 1979, l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct est entérinée sous son impulsion. Il est d'ailleurs élu député européen de 1989 à 1993.

Sa défense de l'Europe est constante ; VGE est même nommé en 2001 à la présidence de la Convention sur l’avenir de l’Europe, qui aboutit au projet de constitution européenne. À son grand regret, il a été rejeté par une majorité de Français en 2005 par référendum.

Élu en 2003 à l’Académie française, VGE n'exerçait plus de fonction élective depuis 2004, année à laquelle il avait quitté le conseil régional d'Auvergne d'où il était originaire. Depuis, il siégeait régulièrement au Conseil constitutionnel dont il était membre de droit depuis 1981.

La dernière apparition de l’ancien président remonte au 30 septembre 2019, jour des obsèques d’un autre ancien chef d’Etat français, qui fut aussi un de ses grands adversaires politiques : Jacques Chirac. Après le décès de Valéry Giscard d'Estaing, les hommages sont nombreux. « Les orientations qu'il avait données à la France guident encore nos pas. Serviteur de l'État, homme politique de progrès et de liberté, sa mort est un deuil pour la nation française », a fait savoir Emmanuel Macron. L'entourage du défunt président a fait savoir que, « conformément à sa volonté, ses obsèques se dérouleront dans la plus stricte intimité familiale ».


Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur