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Sur le vif

Un géant japonais de la bière accusé de complicité dans les massacres de Rohingyas

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 20 Juin 2018



Amnesty International soupçonne la multinationale japonais Kirin d’avoir financé, à travers l’une de ses filiales Myanmar Brewery, la campagne de nettoyage ethnique contre les Rohingyas en 2017.

Pour cette organisation internationale, les dons fournis par la firme sont « plus que douteux ».

Pour appuyer cette accusation, Amnesty International a avancé trois faits dans un communiqué daté du 14 juin. Elle indique que « la brasserie japonaise a reconnu que sa filiale avait fait trois dons au moment des récentes violences qui ont secoué l’État d’Arakan ». Ces trois dons séparés ont été attribués entre le 1er septembre et le 3 octobre 2017 et sont estimés à environ 25 000 euros.

C'est « un officier de l’armée (qui) a été filmé en train de recevoir les dons qui, selon lui, étaient destinés aux forces de sécurité ». Il s’agit du général Min Aung Hlaing qui a affirmé, selon Amnesty International, que la somme est destinée « aux membres des forces de sécurité et au personnel du service d’État » œuvrant dans l’État d’Arakan, là où les massacres ont fait rage. Selon cette organisation internationale, pas moins de 5 000 euros ont été alloués à l’armée de cet État.

Enfin, « Kirin reconnaît qu’elle ignore à quoi ont servi ces dons ». Le porte-parole du groupe Kirin a, en effet, indiqué que l'argent n'a pas été « suffisamment suivi », en ajoutant que toute aide financière sera suspendue jusqu’à ce que les résultats de l’enquête soient prononcés.

« Des financements meurtriers » selon Amnesty International

Pour Amnesty International, les dons ont été attribués au moment où la persécution de la minorité ethnique du Rohingyas faisait rage. Le 11 septembre 2017, les Nations unies ont dénoncé un « exemple classique du nettoyage ethnique » quand Amnesty International a parlé de « crimes contre l’humanité ».

Amnesty International a rappelé les responsabilités des entreprises à « respecter les droits humains » et de mettre en application i]« le devoir de vigilance »]i aux termes des Principes directeurs des Nations Unies. Bien que Kirin a adopté une nouvelle politique humanitaire en début de l’année 2018, « c’est à la fois trop peu et trop tard » estimé l'ONG, car « les dégâts éventuels ont déjà eu lieu ». Aujourd’hui, ils sont plus de 700 000 Rohingyas à s’entasser dans des camp de réfugiés au Bangladesh, subissant encore les conséquences des actes de barbarie à imputer à l’armée birmane.

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