Il y a d’abord eu le silence. Une minute, lourde, sur une place des Merisiers noire de monde et hérissée de drapeaux tricolores. Puis la colère, et enfin une Marseillaise reprise à pleins poumons. Sept jours après l'attaque qui l’a endeuillée, Trappes a voulu dire, vendredi 30 octobre, qu’elle n’était pas la cible qu’on avait désignée, mais une ville française qui refuse de baisser les yeux.
À 18h, plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel de la municipalité. Sur les pancartes, un même message décliné sous toutes ses formes : le racisme tue, le silence aussi. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) et cinq syndicats (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa) ont été des organisations qui ont appelé à rejoindre ce rassemblement, encadré par un important dispositif de sécurité.
À 18h, plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel de la municipalité. Sur les pancartes, un même message décliné sous toutes ses formes : le racisme tue, le silence aussi. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) et cinq syndicats (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa) ont été des organisations qui ont appelé à rejoindre ce rassemblement, encadré par un important dispositif de sécurité.
La gauche en nombre, la droite absente
Au premier rang, une large partie de la gauche était présente : les candidats à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon (LFI), Raphaël Glucksmann (PS-Place publique) et Marine Tondelier (Les Écologistes), mais aussi le premier secrétaire du PS Olivier Faure et Ségolène Royal. De nombreux parlementaires, maires et élus locaux, écharpes tricolores en bandoulière, avaient fait le déplacement. Fait notable, les responsables politiques sont restés en retrait, laissant la parole au seul maire.
Gabriel Attal, en déplacement en Bretagne, avait annoncé se faire représenter par deux porte-parole, Abdoulaye Kanté et Rachel-Flore Pardo. Aucun responsable national de droite n’était annoncé. Le matin même, le sénateur écologiste Yannick Jadot avait regretté cette absence, estimant que l’événement aurait dû être « le rassemblement de la Nation ».
Gabriel Attal, en déplacement en Bretagne, avait annoncé se faire représenter par deux porte-parole, Abdoulaye Kanté et Rachel-Flore Pardo. Aucun responsable national de droite n’était annoncé. Le matin même, le sénateur écologiste Yannick Jadot avait regretté cette absence, estimant que l’événement aurait dû être « le rassemblement de la Nation ».
Un réquisitoire contre l'extrême droite, le RN en premier lieu
Le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s), a d’abord rappelé le bilan : un mort, sept blessés et des témoins marqués à vie. Puis son discours a pris un tour ouvertement politique. Il a accusé le Rassemblement national (RN) d’avoir « livré aux chiens » sa ville et ses habitants, et d’avoir, au fil des décennies, assuré « la transmission de la haine ».
L'édile, qui réclame une loi pénalisant la théorie raciste et complotiste du « grand remplacement », a rappelé que Jordan Bardella avait qualifié Trappes, en 2021, de « République islamique en miniature », des propos pour lesquels le président du RN avait été poursuivi, puis relaxé en décembre 2023. Il a mis ces mots en regard de ceux de l'assaillant : l’homme de 39 ans a reconnu avoir visé des personnes perçues comme musulmanes, africaines ou maghrébines, et choisi Trappes, qu’il considérait comme un « repaire d’islamistes ». À chaque mention de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, la foule a hué. « Ouvrez les yeux : les discours de haine ont débordé de l'espace de l'extrême droite pour contaminer notre société toute entière. Si les digues s'effondrent les unes après les autres, ce n'est en rien le fruit du hasard », a lâché le maire.
« La France, c'est nous. (...) Vous êtes bien plus français que celles et ceux qui, par leurs discours et leurs actes, trahissent chaque jour les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité. Ne leur laissez pas la France, ne leur accordez pas cette victoire ! », a lancé Ali Rabeh, qui s’est également adressé aux électeurs tentés par le vote RN en 2027 en les exhortant à ouvrir les yeux et à « faire le choix de la République ».
Le RN, de son côté, conteste toute responsabilité dans le passage à l’acte et dénonce une récupération politique de la gauche. Le même vendredi, plusieurs associations antiracistes et syndicales dont la LDH, SOS Racisme, le MRAP, la Maison des Potes et le Fonds pour une Presse Libre) ont annoncé, avec Me Arié Alimi, avocat de l’une des victimes de l'assaillant, une plainte contre Marine Le Pen, Jordan Bardella et la chaîne CNews.
L'édile, qui réclame une loi pénalisant la théorie raciste et complotiste du « grand remplacement », a rappelé que Jordan Bardella avait qualifié Trappes, en 2021, de « République islamique en miniature », des propos pour lesquels le président du RN avait été poursuivi, puis relaxé en décembre 2023. Il a mis ces mots en regard de ceux de l'assaillant : l’homme de 39 ans a reconnu avoir visé des personnes perçues comme musulmanes, africaines ou maghrébines, et choisi Trappes, qu’il considérait comme un « repaire d’islamistes ». À chaque mention de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, la foule a hué. « Ouvrez les yeux : les discours de haine ont débordé de l'espace de l'extrême droite pour contaminer notre société toute entière. Si les digues s'effondrent les unes après les autres, ce n'est en rien le fruit du hasard », a lâché le maire.
« La France, c'est nous. (...) Vous êtes bien plus français que celles et ceux qui, par leurs discours et leurs actes, trahissent chaque jour les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité. Ne leur laissez pas la France, ne leur accordez pas cette victoire ! », a lancé Ali Rabeh, qui s’est également adressé aux électeurs tentés par le vote RN en 2027 en les exhortant à ouvrir les yeux et à « faire le choix de la République ».
Le RN, de son côté, conteste toute responsabilité dans le passage à l’acte et dénonce une récupération politique de la gauche. Le même vendredi, plusieurs associations antiracistes et syndicales dont la LDH, SOS Racisme, le MRAP, la Maison des Potes et le Fonds pour une Presse Libre) ont annoncé, avec Me Arié Alimi, avocat de l’une des victimes de l'assaillant, une plainte contre Marine Le Pen, Jordan Bardella et la chaîne CNews.
A La Verrière, un hommage à part
Deux heures avant Trappes, vers 16h, quelques centaines de personnes s’étaient réunies sur le parvis de l’hôtel de ville de La Verrière, commune voisine de Trappes où une adolescente a été grièvement blessée. À l’appel du maire divers droite Nicolas Dainville, plusieurs élus de droite et du centre étaient présents : Édouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, Pierre Bédier, président du Conseil départemental des Yvelines, et le député Liot Laurent Mazaury, entourés d’autres maires.
Décrivant le racisme comme « un poison qui fracture notre société », Nicolas Dainville a qualifié sans détour l’attaque d’attentat raciste visant des personnes d’origine africaine et maghrébine et de confession musulmane. « La mosquée de La Verrière était à quelques pas du centre commercial qui a été visé au Bois de l'Etang. Je vous laisse imaginer l'ampleur de l'horreur qu'on aurait eu à déplorer » si l'assaillant était allé plus loin, a-t-il signalé.
Deux places, deux heures d’écart, deux tonalités. Mais une même phrase, au fond, prononcée des deux côtés : le racisme tue. Le gouvernement a annoncé la tenue prochaine d’un hommage national aux victimes.
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