Dans les tribunes du Palais Bourbon, mardi 27 octobre, ils étaient là. La séance des questions au gouvernement s’est tenue en présence du maire de Trappes, Ali Rabeh, et de la famille de Pengo Bossio Wangi, tué lors de l’attentat perpétré vendredi 23 octobre. Tous les députés présents se sont levés dès le début de l’allocution de la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet. « Le racisme tue, la haine de l’autre tue », a-t-elle lancé, avant de décrire le jeune homme de 26 ans, amateur de MMA, comme « un colosse lumineux, généreux, respectueux ».
L’attaque, commise à Trappes et à La Verrière, a fait un mort et cinq blessés ; un acte d'une gravité telle que le chef de l'Etat, Emmanuel Macron a estimé qu'elle a marqué « un tournant pour notre pays ». Pourtant, cette minute de silence n’allait pas de soi. Elle était réclamée depuis plusieurs jours, notamment par une centaine de personnalités signataires d’une tribune publiée par Politis, qui écrivaient que, tôt ou tard, « les mots de la haine tueraient ». Les signataires dénonçaient un double standard, rappelant notamment que Hichem Miraoui, victime d’un meurtre raciste dans le Var en mai 2025, n’avait pas été honoré par la représentation nationale.
Les députés écologistes Cyrielle Chatelain et Benjamin Lucas avaient eux aussi écrit à la présidente pour que l’hémicycle condamne l’attentat et « les discours de haine qui l’ont armé idéologiquement ».
L’attaque, commise à Trappes et à La Verrière, a fait un mort et cinq blessés ; un acte d'une gravité telle que le chef de l'Etat, Emmanuel Macron a estimé qu'elle a marqué « un tournant pour notre pays ». Pourtant, cette minute de silence n’allait pas de soi. Elle était réclamée depuis plusieurs jours, notamment par une centaine de personnalités signataires d’une tribune publiée par Politis, qui écrivaient que, tôt ou tard, « les mots de la haine tueraient ». Les signataires dénonçaient un double standard, rappelant notamment que Hichem Miraoui, victime d’un meurtre raciste dans le Var en mai 2025, n’avait pas été honoré par la représentation nationale.
Les députés écologistes Cyrielle Chatelain et Benjamin Lucas avaient eux aussi écrit à la présidente pour que l’hémicycle condamne l’attentat et « les discours de haine qui l’ont armé idéologiquement ».
Après le recueillement, la tempête
Le recueillement a vite cédé la place à la confrontation. Première à interroger le gouvernement, Cyrielle Chatelain a mis en cause les dirigeants du RN, qui continuent selon elle de présenter Trappes comme « un foyer djihadiste ». Elle a également ciblé la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, pour ses récents propos banalisant la théorie raciste et complotiste du « grand remplacement » et reproché au Premier ministre de ne pas avoir dénoncé l’amalgame entre immigration et pilleurs.
Sébastien Lecornu a répondu sans détour : « C’est non seulement un attentat terroriste, mais c’est un attentat terroriste raciste. » Mais en évoquant dans la foulée la mort, en février 2026, du militant d’extrême droite Quentin Deranque, il a provoqué l’indignation sur les bancs de la gauche. Il a annoncé que le projet de loi de cohésion républicaine par la lutte contre le racisme et l’antisémitisme serait « rapidement » inscrit à l’ordre du jour.
Les interpellations se sont enchaînées. L'élue socialiste Dieynaba Diop a dénoncé le racisme qui se répand sur les plateaux de télévision, tandis que l’insoumise Nadège Abomangoli a pointé des discours normalisés par des médias qui leur ouvrent l’antenne sans contradiction. La communiste Soumya Bourouaha a décrit « un climat qui infuse, fracture et divise la société », jugeant le président du RN Jordan Bardella et certaines chaînes d’information complices de l’acte.
Côté gouvernement, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a assuré que l’exécutif ne laissait rien passer en matière de racisme et que le renseignement surveillait la mouvance d’ultradroite susceptible de commettre des actions terroristes.
Sébastien Lecornu a répondu sans détour : « C’est non seulement un attentat terroriste, mais c’est un attentat terroriste raciste. » Mais en évoquant dans la foulée la mort, en février 2026, du militant d’extrême droite Quentin Deranque, il a provoqué l’indignation sur les bancs de la gauche. Il a annoncé que le projet de loi de cohésion républicaine par la lutte contre le racisme et l’antisémitisme serait « rapidement » inscrit à l’ordre du jour.
Les interpellations se sont enchaînées. L'élue socialiste Dieynaba Diop a dénoncé le racisme qui se répand sur les plateaux de télévision, tandis que l’insoumise Nadège Abomangoli a pointé des discours normalisés par des médias qui leur ouvrent l’antenne sans contradiction. La communiste Soumya Bourouaha a décrit « un climat qui infuse, fracture et divise la société », jugeant le président du RN Jordan Bardella et certaines chaînes d’information complices de l’acte.
Côté gouvernement, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a assuré que l’exécutif ne laissait rien passer en matière de racisme et que le renseignement surveillait la mouvance d’ultradroite susceptible de commettre des actions terroristes.
Le RN sur la défensive, le Premier ministre à sa rescousse
La tension a culminé lorsque le président du groupe RN, Sébastien Chenu, a pris la parole sous les huées. Plusieurs députés de gauche ont alors quitté la salle. L’élu a présenté ses condoléances à la famille de la victime, mais il a surtout dénoncé un « concours de fake news » et une récupération politicienne de la part de la gauche, LFI en premier lieu. Une dénonciation à laquelle s'est joint... le chef du gouvernement qui, au-delà même de renvoyer dos à dos le RN et LFI, est allé jusqu'à reprocher à la gauche de se lever contre la prise de parole d'élus de l'extrême droite, jugés responsables dans le climat de haine ambiant dans le pays.
Le même jour, le RN a annoncé poursuivre Le Monde en diffamation, le quotidien ayant d’abord affirmé que des tracts du parti avaient été retrouvés dans la voiture du tueur, une information finalement démentie par le Parquet national antiterroriste (Pnat). Dans son communiqué, le parti refuse qu’on cherche à lui « faire endosser la responsabilité d’actes abominables ».
Pour ses adversaires, cette riposte judiciaire permet au RN de se poser en victime et d’esquiver la question qu’ils lui adressent : celle du rôle de ses discours, des années durant, dans le climat qui a précédé l’attaque. Comme Ali Rabeh, des dizaines de responsables de gauche dénoncent la responsabilité de l’extrême droite, RN en tête. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est de ceux qui ont prévenu que sans réaction, « l’attentat raciste de Trappes ne sera pas le dernier ».
Le même jour, le RN a annoncé poursuivre Le Monde en diffamation, le quotidien ayant d’abord affirmé que des tracts du parti avaient été retrouvés dans la voiture du tueur, une information finalement démentie par le Parquet national antiterroriste (Pnat). Dans son communiqué, le parti refuse qu’on cherche à lui « faire endosser la responsabilité d’actes abominables ».
Pour ses adversaires, cette riposte judiciaire permet au RN de se poser en victime et d’esquiver la question qu’ils lui adressent : celle du rôle de ses discours, des années durant, dans le climat qui a précédé l’attaque. Comme Ali Rabeh, des dizaines de responsables de gauche dénoncent la responsabilité de l’extrême droite, RN en tête. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est de ceux qui ont prévenu que sans réaction, « l’attentat raciste de Trappes ne sera pas le dernier ».
La rue se mobilise
Loin de l’hémicycle, la mobilisation grandit. Dimanche 25 octobre, à Aubervilliers, plusieurs centaines de personnes ont participé à une marche blanche en mémoire de la victime de l'attentat. Lundi 26 octobre, plus de 3 000 personnes se sont rassemblées à Paris, à l’appel notamment de SOS Racisme, de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). À Nancy, un millier de personnes se sont réunies place Stanislas, et des rassemblements ont eu lieu ailleurs comme à Marseille, à Lyon, à Toulon et à Avignon, où les organisateurs dénonçaient la « banalisation de la haine raciste ».
Les élus locaux ont aussi pris le relais. À Montpellier, le maire socialiste Michaël Delafosse a appelé à se rassembler, comme les maires LFI de Vaulx-en-Velin et de Vénissieux. Ali Rabeh a, pour sa part, convié la population place des Mérisiers, à Trappes, vendredi 30 octobre, « pour un grand rassemblement populaire contre le racisme et l’islamophobie ». Plusieurs responsables de l’Association des maires de France (AMF) ont invité les maires à organiser des rassemblements devant les mairies à la même heure, 18h.
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