Connectez-vous S'inscrire






Sur le vif

RTBF: une enquête suite à un canular

| Jeudi 14 Décembre 2006



La RTBF, la chaîne de télévision publique belge de langue française, se retrouvait dans la tempête jeudi après la diffusion la veille au soir, à l'heure de grande écoute, d'un canular annonçant la sécession de la partie flamande de la Belgique. Une telle séparation aurait provoqué de facto la mort du royaume avec l'instauration de frontières entre la Wallonie et la Flandre.

Le réalisme de l'émission a été tel qu'il a incité des centaines de téléspectateurs à appeler le standard de la RTBF tandis que les ambassades contactaient les autorités belges pour en avoir le coeur net.

"Les ambassadeurs et les ambassades étaient inquiets de ce qu'ils devaient signaler à leur capitale respective", a souligné la présidente du Sénat Anne-Marie Lizin. "Cette fiction a été regardée comme une réalité et a donné du pays une image catastrophique".

"Une mauvaise plaisanterie de mauvais goût", a souligné Didier Seeuws, le porte-parole du Premier ministre Guy Verhofstadt, peu après la diffusion de cette émission. Il a fait valoir que "la mission du service public est d'informer correctement le public, et non pas de semer la confusion".

Mercredi soir, la RTBF a interrompu ses programmes pour annoncer que "le Parlement flamand a déclaré unilatéralement l'indépendance de la Flandre" et que le roi Albert et la reine Paola avaient fui le pays dans un avion de l'aviation belge.

Apparaissaient ensuite des images floues de personnes avançant vers un avion dans l'obscurité sur un aérodrome militaire près de Bruxelles ainsi qu'un petit groupe de manifestants monarchistes devant le palais royal agitant le drapeau belge.

Yves Thiran, le directeur de l'information de la RTBF, a défendu cette émission, estimant qu'elle montrait "l'importance d'un débat politique de la plus haute importante, le débat sur l'avenir de la Belgique".

Le gouvernement régional francophone, en charge de la moitié méridionale de la Belgique, a exigé l'ouverture d'une enquête sur cette annonce qui a interrompu l'émission initialement prévue à 20h22 (19h22 GMT). Fadila Lanaan, le ministre francophone pour les médias, a annoncé qu'elle allait convoquer la direction de la chaîne publique pour ce qu'elle a qualifié de programme "scandaleux". "Je les interrogerai également sur l'éthique des journalistes qui ont travaillé sur cette émission", a-t-elle dit.




Loading