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Sur le vif

Mosquée profanée à Mayotte : les dignitaires musulmans en action

Rédigé par La Rédaction | Mardi 28 Janvier 2014



Après la profanation d’une mosquée de Mayotte dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2014, une délégation de représentants musulmans de l’île sera en métropole du 30 janvier au 5 février pour évoquer l'acte islamophobe qui a profondément choqué les Mahorais, dont la grande majorité est musulmane.

Une tête de porc avait été retrouvée le 1er janvier devant la mosquée de Dzaoudzi Labattoir. Quelques jours plus tard, les auteurs de la profanation avaient été identifiés. Il s’agit d’un gendarme et son épouse, ainsi que la femme d'un autre militaire, qui seront jugées le 26 février pour ces faits qu’ils ont reconnu.

Ils ont expliqué avoir effectué un « pari stupide » lors d'un réveillon bien arrosé. Mais pour les dignitaires musulmans mahorais, cet acte a tout l’air d’une « agression préméditée contre l’islam », écrivent-ils dans un courrier adressé aux mosquées de France, et particulièrement à la Grande Mosquée de Paris. Ils rappellent que des cimetières musulmans ont également été tagués d'inscriptions antisémites, il y a quelques mois à Tsingoni, et appellent à ce que cette nouvelle profanation « reçoive la peine qu'il convient ».

« Cet acte n'est pas un acte isolé , mais sciemment réfléchi et organisé pour jeter l'anathème de la violence et de l'intolérance dans cette île où l'islam joue le rôle de pacificateur », déplorent-ils, ajoutant que « le statut des prévenus (des gendarmes) choque plus d'un ».

La délégation, composée notamment du Grand Cadi (juge musulman) de Mayotte, Bacar Nourdine, et du représentant de la mosquée profanée, Djoumoi Ahmed, rencontrera, jeudi 30 janvier, le président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) Dalil Boubakeur, et le ministre de l’Intérieur et des cultes, Manuel Valls, pour faire part de leur indignation.

Des rencontres avec les recteurs de la Mosquée de Vendredi de Marseille et de la Grande Mosquée de Lyon Kamel Kabtane ainsi qu’avec les responsables d'autres cultes sont également au programme de leur visite.

Début janvier, deux manifestations pacifiques rassemblant plusieurs milliers de personnes avaient été organisées pour dénoncer la profanation de la mosquée de Dzaoudzi. L'affaire n'est pas close pour les Mahorais.

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