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Sur le vif

Le maire de Montpellier s'oppose à une cession de la mosquée de La Paillade au Maroc

Rédigé par | Lundi 7 Décembre 2020 à 13:30

           


Le projet de cession de la mosquée à l'UMF agite la mairie ©Facebook / La grande mosquée d'Averroès
Le projet de cession de la mosquée à l'UMF agite la mairie ©Facebook / La grande mosquée d'Averroès
Depuis plusieurs semaines, un projet de cession pour un euro symbolique a été engagé par les responsables de la mosquée Averroès, située dans le quartier de La Paillade, à Montpellier, au bénéfice de l’Union des mosquées de France (UMF), fédération proche du Maroc. Un projet que le maire de la ville, Michael Delafosse, ne voit pas d’un très bon œil, lui qui a appris la nouvelle à l’occasion d’une démarche administrative entreprise par la mosquée auprès des services municipaux dans la cadre de cette cession.

« Ma position est claire, ce n’est pas à un Etat étranger de prendre le contrôle de lieux de culte. En quoi un Etat étranger viendrait se substituer aux Montpelliérains ? Dans l’esprit de la loi de 1905, c’est aux fidèles de prendre en charge leur gestion », déclare l’édile auprès de Midi Libre.

« Ce qui se passe à Montpellier se passe ailleurs. En France, on demande la neutralité de l’État et là, un Etat étranger viendrait s’ingérer dans les affaires cultuelles de notre pays ? C’est une ingérence, il faut dire stop », s’indigne Michaël Delafosse. « La décision qui sera la mienne sera de préempter pour essayer d’empêcher cette cession-là. Il va se passer quelque chose et la préemption va créer une temporalité plus longue. »

De son côté, la mosquée déclare que cet cession doit permettre le financement d’une partie de ses charges. « On a besoin de fonds, il faut refaire la toiture, c’est 150 000 €. Il y a trop de charges », explique Lhoussine Tahri, son responsable. « Depuis mars et la crise sanitaire, les fidèles sont moins présents, il y a moins de rentrées d’argent mais une mosquée, il faut la faire tourner. Mais je rappelle que ce n’est pas fait pour l’instant et que ce n’est pas une vente, une mosquée ne se vend pas. L’opération peut aussi nous mettre à l’abri des pressions », déclare-t-il.

« Il n'y a pas d'État étranger derrière cette procédure, ajoute-t-il auprès de France Bleu. « Ce rachat aurait permis de réaliser les projets sur lesquels on travaille depuis trois ans, notamment celui de construire une salle de rencontres, entre fidèles et non-fidèles, autour d'une fontaine et d'un thé. »

La mosquée de La Paillade a longtemps fait l’objet d’un bail emphytéotique passé entre la Ville et l’association gestionnaire du lieu de culte. Un processus de rachat par les fidèles de la mosquée à hauteur d'un peu plus d'un million d'euros a ensuite été engagé avec succès par l’ancien maire Philippe Saurel en 2016.

Cette prise de position, quelques jours avant la présentation du projet de loi « réconfortant les principes républicains », rappelle celle d'Angers. La mairie a refusé en octobre la cession de la mosquée au Maroc.

Mise à jour samedi 12 décembre : Après avoir fait valoir son droit de préemption, le maire a obtenu gain de cause puisque l'association gestionnaire de la mosquée Averroès a choisi d'abandonner son projet.

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