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Sur le vif

Le Conseil de l'Europe dénonce les discours de haine islamophobes en France

Rédigé par La Rédaction | Mardi 1 Mars 2016



La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), mise en place par le Conseil de l’Europe, a rendu mardi 1er mars son rapport sur la France (plus bas). L’ECRI met en exergue la question des discours de haine antisémites, islamophobes et homophobes. Les dispositifs de lutte contre le racisme y sont scrutés ainsi que les politiques d’intégration des immigrés, dont, notamment, les Roms.

Le Conseil de l’Europe rappelle que, lors de son précédent rapport, il recommandait aux autorités françaises de lutter « contre toute manifestation raciste à l’encontre des musulmans » et déplore que la situation n’ait guère évolué. L’ECRI « se réfère, par exemple, aux propos de Marine Le Pen (décembre 2010) comparant les prières de rue à l’occupation allemande ; du président de l’UMP (octobre 2012) sur l’arrachage de petits pains par des voyous musulmans en période de Ramadan ; du maire de Nice (juillet 2013) sur l’incompatibilité de l’islam et de la démocratie ; ou encore aux propos du maire de Venelles (mai 2015), appelant sur son compte Twitter à l’interdiction du culte musulman en France »]i

L’ECRI suggère également que les manuels scolaires devraient accorder une représentation des femmes musulmanes pour faciliter l’intégration et lutter contre les préjugés. Une mesure rarement entendue dans le débat public français... L’ECRI précise que « cette question touche d’ailleurs très largement l’ensemble des groupes vulnérables constitués de personnes provenant d’anciennes colonies » et considère que « des réponses à ces questions renforceront ses recommandations précédentes en matière d’éducation ».

L’instance, qui dénonce une laïcité « restrictive » qui cible surtout les musulmans, regrette également que « la circulaire n° 2012-056 recommandant l’interdiction d’accompagner les sorties scolaires aux mères d’élèves portant un voile n’a pas été abrogée ni amendée », malgré l’avis défavorable rendu par le Conseil d’État en décembre 2013.

Déplorant l'accroissement et la banalisation du racisme, l'institution recommande, entre autres, d’ériger en infraction « l’expression publique d’une idéologie prônant la supériorité d’un ensemble de personnes, ou qui calomnie ou dénigre un ensemble de personnes » et appelle les autorités à légiférer pour que le racisme et l’homophobie constituent « une circonstance aggravante de toute infraction pénale ordinaire ».