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Points de vue

La programmation de la RAMF : tout un art !

Rédigé par Assmaâ Rakho-Mom | Vendredi 2 Avril 2010



La programmation de la RAMF : tout un art !
Nous l’attendions tous. Et contrairement aux années précédentes où il n’arrivait que tardivement, le voilà en avance d’une semaine ! Vous aurez compris (ou pas) je veux parler du programme de la 27e Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), qui se tient comme chaque année au Bourget du 2 au 5 avril 2010.

Alors pourquoi ne pas profiter de la mise en ligne de ce programme pour l’examiner de plus près et en saisir quelques subtilités ?

Catégories

Commençons par les invités et classons-les par catégories. Il y aurait alors :

• Les valeurs sûres (Tariq Ramadan, Hani Ramadan) : le public les plébiscite et elles réussissent le tour de force de faire en sorte que le « bazar » se vide au moment de leurs interventions. Le hic : immédiatement après les applaudissements de fin de conférence, la salle se vide, et l’intervenant suivant parle aux premiers rangs.

• Les habitués (Omar Abdelkafy, Abdallah Basfar, Tariq Swaidan) : en majorité des cheikhs, des savants télégéniques auxquels se sont habitués les visiteurs du salon puisqu’ils les regardent régulièrement sur des chaînes satellitaires comme Iqra ou Al Resalah.

• Les cadres de l’UOIF à prendre en considération (Farid Abdelkrim, Abdallah Ben Mansour, Lhaj Thami Breze) : ex-chef de file des Jeunes musulmans de France pour le premier ou ex-patron de l’UOIF pour le second, quoi qu’il en soit il FAUT les intégrer au programme. Les titres de leurs interventions prennent la forme de boutade (« Et si on s’était trompés ? ») et font pour certains office d’électrons libres au sein de l’Union des organisations islamiques de France.

• Les experts (Pascal Boniface, Anas Patel, Raphaël Liogier) : ils dispensent un véritable cours, chiffres à l’appui, études sérieuses sous le bras et captent le plus souvent l’attention des étudiants, voire des journalistes.

• Ceux qui garantissent le moment d’émotion intense (Ikrima Sabri) : le mufti de Jérusalem intervient samedi, jour d’affluence, en fin d’après-midi.

• Ceux qui attirent la presse (Mohammed Moussaoui) : sa venue sera sans nul doute suivie par toute la presse et ses propos décortiqués par tous.

• Les « inconnus » qu’on pousse dans la « lumière » (Amir Chichi, Abdel Hakim Chergui, Moncef Zanati, Noria Addou, Karima Sabri, Nasser Jennati, Mohamed Talabi, Naïma Benaich) : sur un forum communautaire très connu (mejliss pour ne pas le citer), on peut lire concernant ces noms : « Si quelqu’un les connaît... merci de nous éclairer ! »

Horaires

Autre chose. Il faut savoir que certaines plages horaires sont plus convoitées que d’autres. Hormis les « valeurs sûres », qui peuvent passer à n’importe quelle heure sans parler devant une salle désertée, tous les intervenants savent pertinemment qu’il y a des heures creuses et des heures de pointe, en quelque sorte.

Clairement, les après-midis de samedi et de dimanche sont les meilleurs créneaux, les heures de pointe au niveau des visiteurs, tandis que les horaires de tout début de matinée constituent des heures creuses, les visiteurs arrivant en affluence à partir de 10 h 30.

De même, faire son intervention après une « valeur sûre », voire un expert pour les plus chanceux, peut être très mal vécu. L’exercice s’avère très difficile pour l’égo. Passer juste avant peut être un exercice tout aussi ardu, les personnes présentes dans la salle de conférence étant pour beaucoup dans l’attente de la personnalité suivante, Tariq Ramadan ou autre. Cela est visible du fait que beaucoup discutent avec leurs voisins et se taisent aussitôt la conférence suivante simplement annoncée !

Ces subtilités sont bien intégrées par l’UOIF qui, élaborant le programme de cette année, a placé la conférence de Tariq Ramadan en toute fin de journée le samedi (à 19 h 45). Hani Ramadan, lui, interviendra dimanche en début d’après-midi. Mais après lui devraient entrer en scène un « expert » (Raphaël Liogier) et un « habitué » (Tariq Swaidan), savant télégénique officiant sur Al Resalah tout en en étant le propriétaire et fondateur.

Nous ne sommes toutefois pas à l’abri de changements de dernière minute. Alors gardons à l’esprit ces subtilités, afin de pouvoir les analyser.


Lire aussi : RAMF 2010 : l'UOIF rassemble ses fidèles