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Sur le vif

Entreprises : plus de discriminations liées à l'origine et à la religion

Rédigé par La Rédaction | Lundi 3 Février 2014



Le Défenseur des droits et l’Organisation Internationale du travail (OIT) ont publié, lundi 3 février, les résultats d’un 7e baromètre sur « la perception des discriminations dans le travail ».

L’étude réalisée par l’IFOP du 25 novembre au 12 décembre 2013, auprès d’un échantillon de 501 salariés du secteur privé et de 500 agents de la fonction publique montre que « la question des discriminations est toujours aussi importante dans le domaine de l’emploi », constate le Défenseur des droits.

Près de 3 actifs sur 10 déclarent en avoir fait l’amère expérience. Ainsi, 29 % des salariés du privé et 31 % des agents de la fonction publique affirment avoir été victimes d’une discrimination dans le cadre de leur travail. Par ailleurs, ceux qui n’ont jamais été victimes de discrimination sont de plus en plus nombreux à penser pouvoir l'être un jour. Ils sont un tiers dans ce cas (31 % dans le public, 36 % dans le privé). Cette probabilité « ne cesse de progresser ». Elle oscillait jusqu’alors entre 22 % et 29 %, est-il noté dans le baromètre. « Seul 1 actif sur 2 n’a jamais été témoin de discrimination au travail », est-il également remarqué.

Ces discriminations touchent majoritairement les femmes. 33 % d'entre elles, travaillant dans le public comme dans le privé, ont déclaré en avoir été victimes. C'est « respectivement + 6 points et + 8 points par rapport aux hommes dans chacun des secteurs ». Les principaux critères de discrimination cités par les victimes sont liés au genre (29 % dans le public, 31 % dans le privé), à la grossesse et à la maternité (19 % et 20 %) et à l’origine ethnique pour (16 % contre 27 %).

Les salariés du privé sont donc beaucoup plus touchés par des discriminations liés à leur origine. Ils attribuent également plus leur discrimination à leurs convictions religieuses (19 %, contre 8 % dans le public). « L’origine ethnique est aujourd’hui davantage désignée comme un élément au cœur de la discrimination vécue par les victimes salariées par rapport à décembre 2012 (27 %, + 10 points), tout comme les convictions religieuses (19 %, + 13 points) », est-il noté.

Les victimes des discriminations au travail sont beaucoup trop nombreuses à ne pas les dénoncer, souligne, par ailleurs, le rapport. « Près de 4 sur 10 disent ainsi n'avoir pas réagi (37 % dans le public et 40 % dans le privé) », est-il relevé. Dans la très grande majorité des cas (75 % dans le public et 65 % dans le privé) par résignation et pour 29 % des salariés du privé par peur de représailles...

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