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Sur le vif

Les chômeurs des ZUS plus discriminés pour leur origine et leur religion

Rédigé par La Rédaction | Mardi 8 Octobre 2013



Les victimes de discriminations à l'embauche en France demeurent nombreuses, relève une enquête Ifop pour Le Défenseur des droits et l’Organisation Internationale du Travail (OIT) rendue publique lundi 7 octobre.

L’enquête, réalisée auprès d’un échantillon de 1 004 personnes dans toute la France (du 27 juin au 16 juillet) et de 502 habitants de Zones urbaines sensibles-ZUS (du 27 juin au 4 juillet), permet de dresser un tableau général des situations de discrimination vécues par les chômeurs et de celles des demandeurs d’emploi des ZUS marqués par un taux de chômage plus élevé.

Près de quatre demandeurs d'emploi sur dix (37 %) de toute la France affirment avoir déjà été victimes personnellement d'une discrimination à l'embauche. 24 % de ces sondés déclarent même avoir vécu « plusieurs fois » de telles situations. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils seraient moins nombreux dans les zones urbaines sensibles (ZUS). 29 % déclarent ainsi avoir été victimes une fois de discrimination à l'embauche et 18 % à plusieurs reprises.

Pour les victimes de discriminations à l’emploi, elle s’est majoritairement déroulée lors d’un entretien d’embauche : 69 % pour les sondés de la France entière et 71 % pour ceux des ZUP. Mais ces derniers jugent beaucoup plus avoir été discriminés après réception ou examen de leur CV (52 % contre 34 %) sur lequel leur nom à consonance étrangère et/ou leur lieu d'habitation en banlieue apparaît.

« Les expériences de discriminations sont imputées, selon les cibles, à une grande variété de critères, avec pour les plus souvent évoqués : l’apparence physique (l’obésité, les vêtements...), pour 29 % des demandeurs d’emploi ayant vécu une discrimination ; le statut de chômeur (26 % de l’ensemble et 46 % des 18-24 ans) ; le genre (24 % de l’ensemble, mais 35 % pour les femmes contre 11 % pour les hommes) », synthétise l’IFOP. Cette question permet de voir un nouvel écart se creuser entre les habitants des ZUS et les autres. Ainsi, 48 % des chômeurs de ZUS jugent avoir été discriminés en raison de leur origine contre 23 % pour les habitants de toute la France.

« Les convictions religieuses sont cités de façon marginale mais significativement davantage en ZUS », note également l’IFOP. Ce sont 13 % de ces habitants victimes de discriminations qui jugent l’avoir été pour leur religion représentée par exemple par le port du voile contre 6 % pour toute la France. En outre, « pour les demandeurs d’emploi vivant en ZUS, seule la question du lieu de résidence est davantage ressentie comme discriminante par rapport à la moyenne nationale », fait remarquer l’IFOP. 37 % pensent que c’est le cas contre 26 % de la population totale.

Les habitants des cités restent confrontés à des problèmes spécifiques liés à leur lieu d’habitation et à leur origine ethnique. Après l'abandon de la généralisation du CV anonyme, un temps annoncé pour lutter contre ce type de discrimination, seule la volonté des entreprises peut faciliter l’embauche de ce public, plus confronté au chômage.

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