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Points de vue

Dress code de l'être intérieur

« Minute de sens », par Hamza Braiki*

Rédigé par Hamza Braiki | Vendredi 22 Février 2013



Chaque matin, nous consacrons du temps à nous apprêter, à chercher patiemment le vêtement qui nous sied, à vérifier qu’on a le style, le look du moment, c’est l’élégance qui s’exprime. Cependant, il est temps de revoir son style intérieur…

Quel costard vais-je donc tailler aux mensurations de mon caractère ? De quelle matière sera tissé le fil conducteur de mes œuvres ? A quel vestiaire trouverai-je l’habit de la piété ? De quel vêtement de tendresse couvrirai-je mes parents, mon épouse, mes enfants ? Prenons garde à l’habit qui accuse nos défauts au lieu de mettre nos formes en valeur, trahit nos basses pensées au lieu de refléter notre splendeur spirituelle.

On nous enseigne de faire fi des effets de mode ou du poids des marques. D’ailleurs, les marques ne sont-elles pas un symbole d’asservissement à l’apparence, au clinquant ? N’est-ce pas une concession à l’orgueil de par les vêtements ? Le Prophète, le top-modèle pour les bien-guidés, nous signale que l’attitude par laquelle le croyant se pare, si elle est souillée par la vanité, pourrait le priver de Dieu le Jour dernier.

Viens donc, parcourons les boutiques de Dieu ! Viens, en attendant la récolte, faire du lèche-vitrine sur Ses promesses somptueuses. Mais pose-toi des questions essentielles :
Choisiras-tu l’uniforme quelconque des hommes ou iras-tu de ta touche personnelle ? Esprit baroudeur, en quête de soi(e), classique, au costume inspiré par le patron prophétique, ou dandy, animé par un sens créatif, avec cette touche d’esthète que l’on ne te reprochera pas.

La collection printanière est à mon sens la plus marquante. Elle annonce l’inspiration des hommes de Dieu. D’ailleurs peut-être réinventeront-ils les basiques instaurés par les Compagnons ? Les tons pastel des caractères doux se mêlent aux étoffes les plus précieuses d’une foi certaine. La laine peignée fut à l’honneur cette hiver, la même qui recouvra Adam et Ève. Ce tissu, parfois rapiécé, certainement usé est celui de la foi. Alors donnez-lui une seconde vie en répétant spontanément l’unicité de Dieu.

Mais, bon, malgré mon métier, cela ne m’empêche pas de fustiger la mode et ses codes, la tendance et ses travers. Notre dernier tissu sera neutre, blanc. Un linceul qui ramènera l’être humain à son naturel. Que Dieu nous couvre ce Jour-là de Sa clémence, et qu’Il nous offre dans ses Jardins éternels un costume de foi qui nous ira à ravir.


* Hamza Braiki, styliste… de cœur, Lyon