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Sur le vif

Blois : une mosquée profanée avec de la viande de porc

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 13 Février 2014



Consternation chez les musulmans de Blois (Loir-et-Cher), où la mosquée Sunna a été profanée dans la nuit de mardi 11 à mercredi 12 février. Quatre morceaux de viande de porc, dont une tête et une oreille de l’animal, ont été découverts dans la cour et sur le toit du lieu de culte par les fidèles avant la prière de l’aube, mercredi.

L’inscription « MLE France » a également été taguée sur la porte d’entrée de la mosquée. Ce sigle mystérieux est inconnu de la police, qui a ouvert une enquête. « Cette atteinte à notre liberté de culte nous choque profondément. Je lance un appel au calme à tous les fidèles, il s'agit d'un acte de provocation pure qui survient dans cette période sensible de campagne électorale. C'est vraiment dommage, Blois est une ville très calme et la mosquée a de très bon rapport avec tout le voisinage », a réagi Boujama Hannou, président de l’association cultuelle marocaine en charge de la mosquée Sunna, cité par La Nouvelle République.

Ce dernier, qui rappelle qu’en juillet dernier, la plaque de la mosquée avait été arrachée et qu’en octobre, le bureau de l'association avait été cambriolé, devait déposer une plainte mercredi après-midi au commissariat de police.

Le maire de Blois, Marc Gricourt, et le directeur du cabinet du préfet, Frédéric Doué, se sont rendus à la mosquée pour constater les faits et témoigner de leur soutien aux musulmans de la ville. « De tels actes sont inacceptables. J'ai voulu assurer la communauté musulmane de mon soutien personnel en tant qu'élu garant de la liberté de culte et du respect des religions, et de celui de toute la municipalité comme je l'avais fait quand le temple protestant avait été la cible d'inscriptions antisémites et pour l'église Saint-Joseph qui avait essuyé des jets de pierre. J'espère que cela n'a aucun lien avec les élections qui approchent. », a dénoncé Marc Gricourt.

« Je me suis déplacé pour faire savoir aux membres de la communauté musulmane que l'État est à leurs côtés », a assuré de son côté Frédéric Doué. L'évêque de Blois, Maurice de Germiny s'est lui aussi rendu à la mosquée pour exprimer sa solidarité avec les musulmans, précise le journal régional.

Dans un communiqué, Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, a également condamné « avec la plus grande fermeté les actes insupportables qui ont été commis », contre l’édifice religieux. « Ces actes vils et odieux, en visant délibérément un lieu de culte musulman, n’ont qu’un seul objectif, s’en prendre aux fondements de notre République », a-t-il fustigé, tout en assurant « de la mobilisation des services de police pour identifier et interpeller les auteurs ».

Dans les faits, les auteurs de profanations contre des mosquées sont rarement retrouvés.

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