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Politique

La laïcité selon Valls : cinq positions qui traduisent son obsession du voile

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 1 Avril 2014

Qu’est-ce que la laïcité peut justifier aujourd’hui ? L'exclusion quand elle est falsifiée. Manuel Valls, fraîchement devenu Premier ministre, est de ceux qui prônent une définition de la laïcité construite contre l’expression religieuse des musulmanes. Une vision éloignée de son sens historique de liberté et qui se traduit par un soutien régulier en faveur de lois pour l’interdiction du voile dans l’espace public.



La laïcité selon Valls : cinq positions qui traduisent son obsession du voile
Il ne viendra pas le temps où Manuel Valls appelerait à abroger la loi contre le port du voile à l’école adoptée en 2004. Au fil des 10 années passées, la vision de la laïcité s’est durcie en France à la faveur de dérives législatives qui recueillent le soutien du nouveau Premier ministre, comme pour concrétiser ses propos chocs lancés en février 2013 : « Le voile qui interdit aux femmes d’être ce qu’elles sont doit rester pour la République un combat essentiel ». Ces dernières années, il a été de tous les débats incitant à l’interdiction du hijab dans l’espace public, ternissant durablement son image auprès de la communauté musulmane.

> Baby Loup, un engagement total

Lors de l’affaire Baby Loup, Manuel Valls a plusieurs fois apporté publiquement son soutien à la directrice de la crèche qui avait licencié une salariée voilée. Alors député-maire d’Evry, il s’était rendu au procès en novembre 2010 pour faire valoir son opinion et est même allé jusqu’à proposer une loi interdisant « le port de signes religieux distinctifs là où il y a des enfants ».

Un an après, une loi anti-nounous voilées avait fait son apparition dans les rangs de la gauche. Mise de côté par l’Observatoire de la laïcité, les musulmans craignent son retour par la force d'un Valls qui a été jusqu'à remettre à la directrice de Baby Loup, en mai 2013, le titre de chevalier de l’ordre du Mérite... Notons que l'Observatoire est rattaché à Matignon, nourrissant les spéculations sur un durcissement futur de la ligne qu'elle a pour le moment adoptée.

> Une chasse au foulard voulue dans le secteur privé

Les débats entourant l'affaire Baby Loup ont fait émerger en 2013 une proposition de loi contre le voile dans les entreprises privées à l'initiative de l'UMP. Rejetée en juin de la même année, elle n'en reste pas moins soutenue dans l'idée par Manuel Valls, au regard de ses déclarations de mars 2013. Assimilant l'avis de la Cour de cassation donnant tort à la directrice de la crèche à une « mise en cause de la laïcité », il avait alors estimé une loi pour le secteur privé nécessaire « s'il y a un vide juridique à combler ».

> Les mères voilées, l’exclusion sans ménagement

La loi dite Stasi ne lui suffit pas. A peine nommé ministre, Manuel Valls s'est prononcé en mai 2012 pour l’interdiction des mères voilées d’accompagner des enfants lors de sorties scolaires institutionnalisé avec la circulaire Châtel. Son allié de poids : Vincent Peillon. Le ministre de l’Education a refusé l’abrogation du texte en décembre 2013.

> Après l’école, l’université

Manuel Valls veut aller toujours plus loin. C’est ainsi qu’il soutient en août 2013 une nouvelle proposition du Haut Conseil à l’intégration d’interdire le voile à l’université, l’estimant « digne d’intérêt ». Les voix contre ce projet ont été plus nombreuses à se faire entendre, à l'instar de celle qui fut ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso. Pour cette fois.

> Le hijab « un combat essentiel » avec le niqab

En contradiction avec la ligne officielle du PS, il fut un des seuls députés de son parti à avoir clairement soutenu la loi d’interdiction du voile intégral (niqab), en vigueur depuis avril 2011. D’aucuns, à droite comme à gauche, ne lui viendrait à l’idée de revenir sur cette loi, examinée par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), comme la loi de 2004 condamnée pourtant par le Comité des Droits de l'Homme de l’ONU

Les musulmans ne réclament rien de plus que l'égalité de traitement avec le respect de la laïcité originelle. En plaçant Manuel Valls aux commandes de Matignon, François Hollande a réussi à diviser plus qu'à rassembler les citoyens.





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