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Politique

Municipales : « les élus déchus de la République » par le CCIF plébiscités

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Mardi 1 Avril 2014

En amont des élections municipales, le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), engagé dans une campagne d'incitation au vote, avait publié une infographie présentant des personnalités politiques auteurs de propos stigmatisant les musulmans. Avec quels résultats ?



L'infographie du CCIF contre « les élus déchus de la République ».
L'infographie du CCIF contre « les élus déchus de la République ».
« Le cercle des élus déchus de la République regroupe les irresponsables politiques qui utilisent la haine de l'autre comme un fonds de commerce électoraliste et la laïcité comme un outil d'exclusion contre les musulmans », expliquait le CCIF dès le 17 mars à la parution de l'infographie présentant les personnalités politiques auteurs de propos stigmatisant les musulmans. Les 15 hommes et femmes épinglés par l'association viennent d'horizons politiques différents, avec une prédominance de l'UMP.

Force est de constater que leurs propos n'ont pas entaché l'adhésion des électeurs à leur encontre. Un grand nombre d'entre eux qui avaient brigué un mandat pour les municipales ont été réélus et ce, dès le premier tour. Jean-François Copé, présent dans l'infographie pour avoir déclaré qu'il « est des quartiers où les enfants ne peuvent pas manger leur pain au chocolat car c'est le ramadan », l'a ainsi emporté haut la main à Meaux (Seine-et-Marne) avec 64,3 % des suffrages.

Le député Claude Goasguen, dernièrement mis en cause pour ses propos sur les jeunes dans les mosquées, en a fait autant en étant réélu dès le premier tour à la tête du 16e arrondissement de Paris avec 63,04 %. De même pour Jacques Myard, réélu maire de Maison-Lafitte (Yvelines) avec 51,13 % des voix . « Dans la Bible, il y a une dynamique du progrès ! Il y a une évolution, et cela n’existe pas dans le Coran », avait notamment dit le député UMP. Xavier Lemoine, vice-président du Parti chrétien-démocrate et tête d'une liste divers droite, est lui aussi réélu dès le 23 mars avec 61,33 % des suffrages à Montfermeil (Seine-Saint-Denis). « L'enjeu dans les banlieues n’est pas économique, il n’est pas social, il n’est pas urbain (…) les causes sont culturelles voire cultuelles », avait-il déclaré en mars 2012, rappelle le CCIF.

L'extrême droite fait une entrée fracassante

Après le second tour, le succès a été au rendez-vous pour Luc Jousse, réélu maire de Roquebrune-sur-Argens (Var) avec 43,73 % des voix. C'est toujours sous les couleurs de l'UMP que ce dernier a fait campagne. Pourtant, le parti avait réfléchi à son exclusion définitive du parti après qu'il ait fait scandale pour ses déclarations sur les Roms en décembre 2013. Ses propos anti-islam avaient également été rendus public. « Tant que je serai maire, il n'y aura pas de mosquée, parce que ma France, elle est catholique », avait-il asséné à ses administrés.

Christian Estrosi, qui s'oppose régulièrement à des projets de mosquées et qui avait jugé en juillet 2013 qu'islam et démocratie ne sont « absolument pas » compatibles, rempile lui aussi pour six ans à la tête de Nice (Alpes-Maritimes) avec 48,61 % des voix au second tour. Dans la quadrangulaire du second tour, il a été suivi du FN (21,10 %), qui remporte sept sièges au conseil municipal.

Du côté de la gauche, le tout nouveau Premier ministre Manuel Valls garde un pied à Evry (Essonne) qu'il a dirigé pendant 11 ans. Lui, qui estime que « le voile qui interdit aux femmes d’être ce qu’elles sont doit rester pour la République un combat essentiel », était 4e sur la liste d'union de gauche menée par Francis Chouat qui l'a remporté le 30 mars.

Eric Raoult évincé par une liste de droite

Au Raincy, empêtré dans une affaire de mœurs avec une ex-fonctionnaire qui l'accuse harcèlement sexuel, Eric Raoult (UMP) ne se contentera que d'un siège au conseil municipal comme cinq de ses colistiers. En remportant 35,90 % des suffrages, il n'a pu faire le poids face à une liste divers droite gagnante avec 54,35 %.

Jean-Luc Schaffhauser, un candidat du Rassemblement Bleu Marine représenté dans la carte du CCIF avec Marine Le Pen, gagne lui aussi une place au conseil municipal de Strasbourg. Du côté de l'extrême droite, bien des candidats non avares de propos xénophobes n'ont pas été signalés comme Robert Ménard élu maire à Béziers (Hérault) mais sont plus que jamais présents dans le paysage politique.

Des discours clivants mais trop peu condamnés n'empêchent visiblement pas de percer en politique. La campagne du CCIF invitant les électeurs, musulmans en particulier, à « faire barrage à ce mal qui ronge la cohésion sociale » n'aura pas eu d'effets pour ces élus.





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