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Société

Aïd el-Kébir, Hanoukka, Noël… : « Fête » ensemble !

Rédigé par Nadia Moulaï | Jeudi 23 Décembre 2010

Décembre, mois fort en festivités. Il débute par Hanoukka, est ponctué par le nouvel an musulman, s’illumine avec Noël et festoie lors du réveillon. Si les rites restent les mêmes, chacun adapte ces moments de fête un peu à sa manière. Entre convivialité et spiritualité.



En 2009, 47,5 % des personnes originaires du Maghreb et vivant en Île-de-France prévoyaient de fêter Noël. (Source : Solis, 2009)
En 2009, 47,5 % des personnes originaires du Maghreb et vivant en Île-de-France prévoyaient de fêter Noël. (Source : Solis, 2009)
Du couscous à Noël et du foie gras halal pour l’Aïd. Chez Hawwa, 30 ans, et Xavier, 32 ans, « les fêtes religieuses ne posent pas de problème », lance la jeune femme, employée dans la finance. Car tous les deux tiennent à leur culte. « Je prie, je fais le ramadan », confie Hawwa, Française d’origine malienne. Xavier, lui, appartient à une famille catholique versaillaise, aujourd’hui installée dans les Pyrénées-Orientales. Et la religion, il y est plutôt attaché. Alors, quand Noël arrive, pas question pour lui de faire l’impasse sur cet événement. « L’an dernier, on a fait un repas à la maison le 24, puis on s’est rendus dans la famille de Xavier le 25. […] Nous avons organisé un réveillon à la sauce malienne, à Paris, avec ma mère, mon frère et mes oncles », lâche Hawwa dans un éclat de rire. Une coutume habituelle pour elle. « Au Mali, chrétiens et musulmans célèbrent ensemble toutes les fêtes religieuses. »

Pas question pour elle, donc, d’abandonner la pratique, surtout si elle peut lui permettre de s’attabler au côté de ses proches, le 24 décembre. Au menu, ce soir-là, « huîtres, épaule d’agneau et couscous. Mon mari va à la messe vers 19 heures, puis il nous rejoint. »

Et Noël côté belle-famille ? « Cela se passe toujours très bien. » Même quand la table est garnie d’aliments prohibés par l’islam. « Si mes beaux-parents font du porc, il y aura toujours quelque chose pour moi », précise-t-elle. Avant d’ajouter : « Noël, ce n’est pas la cuisine du terroir, c’est les produits de la mer ! »

Couples mixtes

Un constat qu’Adil, musulman, nuance tout de même. À 38 ans, il est marié à Isabelle, juive pratiquante. En matière de fêtes religieuses, les choses sont plutôt « cloisonnées ». « Je ne fête pas Hanoukka », fait-il remarquer, mais « je n’empêche pas nos deux enfants de le faire avec leurs grands-parents ».

Résultat, chaque année, femme et enfants participent au rituel de Hanoukka. « Nous allumons le candélabre. Le huitième jour, nous organisons un goûter familial avec des beignets », explique Isabelle.
En novembre dernier, elle a cependant fêté l’Aïd el-Kébir. « Je suis pour la fête ! », tonne-t-elle tout sourire. « Que ce soit Noël ou la fête du mouton, je saute toujours sur l’occasion ! »

Si Adil avoue avoir célébré des fêtes non musulmanes comme Noël par le passé, il n’y accorde plus vraiment d’importance. Il souligne surtout l’attrait de Noël chez ses enfants.

Faire plaisir aux plus jeunes

Dans la communauté juive, les enfants sont gâtés tout au long de Hanouka. « Ils reçoivent, en théorie, un petit cadeau tous les jours », explique Déborah, 29 ans. « En réalité, la plupart des familles se contentent d’un jouet ou d’un vêtement par enfant. » D’après Samia, 32 ans, comptable, mariée à Samuel, athée, « si les musulmans célèbrent Noël, c’est surtout pour faire plaisir aux enfants à travers les cadeaux ».

Dans l’islam aussi, offrir un présent est recommandé lors de l’Aïd al-Adhâ. « La veille de l’Aïd, je cours les boutiques. J’achète des habits neufs. J’en profite pour offrir des jouets à Maïssa, notre fille de 3 ans. C’est son Noël ! », raconte Samia.

Une pratique en vogue. Les jeunes générations de Français musulmans semblent même dépasser le simple cadre religieux. « Beaucoup de mes amis musulmans accordent une importance toute particulière à la célébration de cette fête », relève Mohamed, 40 ans, chef d’entreprise. « Sacrifice du mouton et prières certes. Mais les cadeaux faits aux enfants tiennent le haut du pavé. » Vivre avec son temps, donc.

Hégire ou Saint-Sylvestre ?

Associé aux fêtes religieuses, le jour de l’an est également célébré par l’ensemble des communautés présentes en France. Juive, chrétienne ou musulmane. Pour autant, il ne comporte pas vraiment de dimension religieuse. « En général, Samuel et moi invitons des amis à la maison », note Samia.
Chez les jeunes, notamment célibataires, le jour de l’an rime avec sorties nocturnes. Samy, 25 ans : « Je ne fête pas Noël. En revanche, j’aime bien retrouver mes copains pour la nouvelle année. Autrement, je reste en famille pour dévorer un bon repas : crevettes, œufs de lump ou saumon, on se fait plaisir. » Signes d’une intégration réussie…

Moins répandue, la célébration de l’Hégire, premier jour de l’année en islam. « Nous téléphonons aux anciens de la famille, plus sensibles à cette date », constate le jeune homme.

Depuis quelques années, certains musulmans saisissent même l’occasion du nouvel an hégirien pour se réunir, voire festoyer. C’est le cas de Leila, 33 ans. « L’an dernier, j’ai loué une salle et organisé une réception pour marquer le début de l’année musulmane. » Pas une soirée dansante, juste un dîner. « Je sais bien que cela peut être interprété comme une innovation et donc contraire à l’islam. Mais réunir proches et amis n’est pas un pêché… »






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