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SaphirNews.com | Quotidien musulman d’actualité



 

Postmodernisme, éthique et vérité : le relativisme universel
Infos pratiques
le Samedi 22 Avril 2017, 19:10 - 22:30
11, rue Ferdinand Gambon
75020 Paris
Description
Le Centre Malcolm X organise une conférence-débat :
"Postmodernisme, éthique et vérité : le relativisme universel"

Venez nombreux !

Nos invités :
• Mohamed Yamin Makri : acteur associatif historique du paysage français. Citoyen et résistant engagé depuis 30 ans sur différentes questions : co-fondateur du Collectif des musulmans de France, de l'Union des Jeunes Musulmans (UJM), porte-parole de l'UFCM et directeur des éditions Tawhid ;
• Fethallah Otmani : dès 1995, il fut un membre actif de l'Union des Jeunes Musulmans à Lyon, puis du Collectif des musulmans de France. Il s'est très tôt impliqué dans le collectif Présence musulmane, en compagnie de nombreux militants issus de différents pays francophones (Afrique, Canada). Par ailleurs, il participera à la mise en place de nouveaux instituts de formation islamique pour répondre à la demande croissante des musulmans pour une formation religieuse de qualité. Il se spécialisera durant quelques années dans l’étude des commentaires coraniques adaptés à la réalité du monde moderne et marchand.

Postmodernisme, éthique et vérité : le relativisme universel
Le principe fondamental en anthropologie des religions est que chaque civilisation s’enracine dans une vision du monde.
Si on veut comprendre la culture de l’autre, son système d’éducation, son système juridique, économique et politique, il faut donc se référer à ce qui fonde sa vision et ce qui lui donne sens. Aucune société ne peut éviter cette question fondamentale. Quel sens donner à notre existence, individuellement et collectivement ?

Nous allons donc essayer d'étudier ces deux systèmes de croyances :
– Ce qu’on appelle aujourd’hui le postmodernisme qui est l’idéologie dominante en Occident et qui se mondialise progressivement.
Certains intellectuels musulmans pensent d’ailleurs que cette idéologie qui a succédé au modernisme serait beaucoup plus conciliable avec l’islam.
– Et l’islam, à partir de l’étude de son premier pilier : la double attestation de foi. À travers cette étude du credo de la foi musulmane, nous allons essayer de comprendre quelles sont les ressemblances et les dissemblances avec les idées modernistes (et postmodernes) dans leur manière de concevoir l’humain.
Depuis le siècle des Lumières, l’Occident s’affirme laïque et sans religion.
Le fait d’aborder cette question du sens dans le contexte des sociétés occidentales modernes et matérialistes ne change rien de fondamental. Car pour trouver du sens dans notre vie (individuellement ou en communauté), toute société a besoin de se référer à un cadre conceptuel qui la dépasse et qui définit un système de croyance.
C’était l’Église et son dogme qui, autrefois, imposaient ses normes morales à toute la société. Aujourd’hui, qui remplacent ces acteurs dans notre contexte ?
Si, au siècle dernier, des idéologies telles que le nazisme, le libéralisme ou le marxisme ont dominé, quel est donc le système de croyances qui domine notre nouveau siècle ?

Religion, croyance ou idéologie
En Occident, lorsque la question de la religion est abordée, c’est toujours à partir d’anciennes définitions qui datent du XIXe siècle et qui ont été formulée par ceux qui se revendiquaient des philosophies des Lumières.

Le système de croyance moderne
La Renaissance européenne puis le siècle des Lumières ont été un incroyable basculement dans l’histoire de l’Occident.
Ils ont permis l’émergence d’un nouveau système de croyance, inédit dans sa forme. Cette idéologie s’est construite en réaction au système judéo-chrétien qui avait jusqu’à lors dominé tout l’Occident.
Il avait pour but premier de permettre la libération des peuples de leur propre communauté religieuse et de réaliser l’émancipation des individus en revendiquant le primat de la raison sur le dogme.
En fait, l’État moderne ne fera que reprendre les habits de l’Église catholique qui s’était imposée comme la seule représentation légitime de Dieu sur Terre (et le passage obligé du salut céleste pour ses fidèles).
À présent, c’est l’État national qui défendra et protègera les intérêts de l’individu-citoyen, nouvelle référence des modernistes.
Là où autrefois l’institution cléricale jouait un rôle central (éducation, santé, social), désormais c’est l’État (et le politique avec l’idée nationale) qui organisera la société dans tous ses aspects.
En France, en particulier, il est particulièrement frappant de constater à quel point l’État, dans ses symboles et sa praxis, a récupéré le rôle central et religieux de l’Église catholique.

Les 5 piliers du credo postmoderne :
– Il n’existe pas de vérité absolue, l’individu est la seule réalité.
– Il n’existe pas de limites, pas de contraintes imposées éthiquement acceptable.
– Il n’existe pas de réalité avant et après la mort.
– Il est la norme indiscutable, invisible et incontournable.
– Il n’existe pas de vérité absolue, Il est la norme indiscutable, invisible et incontournable. Le postmodernisme est une religion invisible qui avance masqué et qui impose son dogme du tout-relatif dans l’espace public.

LA DOUBLE ATTESTATION DE FOI : une conception universel de l’humain
Dans nos pratiques et nos réflexions lorsqu’il s’agit de mettre en rapport nos valeurs islamiques avec celles qui, à priori, ne le sont pas, nous sommes souvent face à des comportements très contradictoires.
Il y a ceux qui, dans un esprit très relativiste et très postmoderne, considèrent que toutes les valeurs se valent et qu’elles se différencient, en fait, que sur peu de choses.
Ceux-là, pour argumenter, vont mettre en évidence certaines ressemblances frappantes entre le credo islamique et les philosophies modernes de l’individu.
Souvent, ces derniers sont ceux qui nous parlent d’une spiritualité qui devra apprendre à vivre, dans la paix, son altérité et sa modernité.
À l’autre extrême, il y a ceux qui ne peuvent pas supporter que certains gomment, à ce point, les différences qui nous séparent des autres. L’accent sera alors mis sur les spécificités irréductibles de la foi islamique et son aspect universel. Ceux-là préfèreront parler de spiritualité qui doit s’associer à une identité forte, condition sine qua none pour pouvoir vivre en harmonie sa différence.
Nous allons faire l’analyse du premier pilier de l’islam, à partir de cet angle de vue particulier. Nous n’allons pas faire une étude théologique de ce premier pilier de l’Islam. Ce n’est pas ici notre objectif qui reste beaucoup plus modeste : il s’agit de montrer comment ce fondement de la croyance islamique peut, à certains égards, se rapprocher de certaines philosophies modernes (dites postmodernes) ; mais aussi comment la spécificité de cette foi universelle marque une vraie rupture avec l’idéologie dominante en Occident.

Conclusion
Pour conclure, nous pouvons dire que le double témoignage de foi exprime fondamentalement une adhésion à une conception spécifique de l’humain, être de dignité et de responsabilité, qui doit œuvrer en permanence à sa propre libération.
Mais cette libération ne peut pas se réaliser dans le refoulement ou la négation de sa condition d’être naturellement aliéné.
Et en islam, l’Homme se libère dans l’acte du témoignage qui exprime une reconnaissance, une manière d’être, une vocation et une éthique face à la création.
Nous retrouvons dans la vision islamique les mêmes valeurs que peuvent défendre les idéologies modernes : dignité, liberté, respect de la personne, etc.
Mais l’angle d’approche est totalement différent et c’est cette nuance qui fait la différence.
En islam, ces valeurs se déploient dans le cadre du témoignage humble qui veut relier et non pas à travers la revendication conquérante du Sujet qui ne se retrouve que dans la rupture.
L’éthique musulmane et celle issue de la modernité peuvent parfois se retrouver et même converger et cela nous devons le vivre sans aucune gêne. Mais il faudra garder à l’esprit qu’elles se fondent sur deux manières radicalement différentes de concevoir sa présence dans ce monde. Et cela nous devons l’exprimer sans aucune crainte.

Participation aux frais : 4 €
Contact : 06 27 02 52 05
@ centre_malcolmx94120@yahoo.fr

Sur place, librairie militante, dont l'ouvrage de Malcolm X : une vie de réinventions (1925-1965)
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