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Sur le vif

Une survivante musulmane des attentats de Londres alerte sur l’islamophobie

Rédigé par La Rédaction | Mardi 7 Juillet 2015



Une survivante musulmane des attentats de Londres alerte sur l’islamophobie
Voilà 10 ans jour pour jour que le premier attentat-suicide du Royaume-Uni s'est produit dans les transports londoniens. Sajda Mughal, seule survivante musulmane de l'attaque du 7 juillet 2005, exhorte son pays à lutter contre la menace croissante de l'islamophobie, comme il le fait contre le terrorisme, rapporte le 5 juillet The Independent. A l'occasion des commémorations des 10 ans de l’attaque qui a fait 52 morts, la jeune femme, qui avait 22 ans au moment des faits, veut témoigner.

Celle qui est devenue maman de deux enfants raconte subir des menaces de mort et être victime de messages haineux sur Internet en raison de son appartenance à l'islam. Elle affirme que cette islamophobie est de plus en plus partagée par ses amis, famille et autres collègues. Après l’attentat, la vie de Sajda Mughal a basculé. Elle rejoint Jan Trust dans le nord de la capitale pour lancer une association de lutte contre la radicalisation. Si elle constate des effets positifs à cette mission, elle déplore dans le même temps une hausse dangereuse de l’islamophobie.

Son travail est le seul programme dans le monde qui permette aux mères musulmanes d’apprendre les techniques du Web pour appréhender les dangers de la radicalisation en ligne en vue de sauvegarder leurs enfants. La jeune femme se félicite d’avoir pu empêcher des adolescents à rejoindre la Syrie. Mais « l'extrémisme est, à un certain degré, alimenté par l'islamophobie. De jeunes musulmans (touchés par la radicalisation, ndlr) nous racontent l’avoir ressentie, soit eux, soit un membre de leur famille », affirme-elle.

Dix ans après, c’est « comme si c’était hier »

Les attaques contre des femmes voilées, les dégradations de biens privés et de lieux de culte, la discrimination à l’embauche de même que les abus médiatiques sont régulièrement à déplorer. L’effet le plus important de cette islamophobie reste le sentiment de rejet. « Ces jeunes musulmans nous disent qu'ils se sentent en marge de la société à cause de cela », raconte la jeune militante pour la paix, qui dénonce ainsi un cercle vicieux.

Dix ans déjà que quatre kamikazes ont fait exploser leur ceinture d’explosifs dans les transports bondés de Londres. Sajda Mugha se souvient « comme si c’était hier » de cette tragédie. La déflagration était « le bruit le plus fort que je n’ai jamais entendu », raconte-t-elle, se rappelant encore précisément du sentiment qu'il faille « se préparer à la mort ». « Les gens tombaient par terre, les lumières se sont éteintes, une fumée noire a immédiatement commencé à apparaître dans la rame ». Puis, enfin, le profond soulagement à l’écoute d’une voix lointaine lui dire : « C’est la police, nous sommes là pour vous. » Mais ce dont la jeune maman veut se rappeler avant tout, ce fut l'unité des Londoniens, « venus aider tout le monde ce jour. C'est ce que je voudrais voir aujourd'hui dans la façon d’aborder les questions d'extrémisme et l'islamophobie à laquelle nous faisons face ».

Une décennie plus tard, si la radicalisation est un fléau qui a pris une ampleur importante, elle est à mettre en parallèle avec la montée de l’islamophobie pour Sajda Mugha. En ce jour de commémorations à Londres, le Royaume-Uni associe à cet hommage celui des 30 tués Britanniques sur les 38 victimes visées dans l'attaque de Sousse, en Tunisie, le 26 juin revendiquée par les terroristes de l'Etat islamique.