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Sur le vif

Syrie : le chercheur français Olivier Roy manipulé par le régime

Rédigé par La Rédaction | Lundi 13 Février 2012



La propagande est un puissant moyen utilisé par les régimes autocratiques en mal de popularité pour manipuler l'opinion publique. L'islamologue Olivier Roy l’a appris à ses dépens. Alerté voici quelques jours par des amis chercheurs, qui suivent de près la presse arabe, il découvre avec stupeur une interview de lui dans lequel il défend avec ferveur le régime de Bachar el-Assad, dans les médias français, rapporte Rue 89.

Selon le site syrien Swaidaplus, qui rapporte la fausse interview, Olivier Roy aurait dit dans une interview à France 2 : « Cela ne fait aucun doute, Bachar el-Assad sera le premier leader arabe qui gagnera contre les décideurs du monde. »

Une fausse information puisque le chercheur dément avoir donné une quelconque interview sur la Syrie à France 2 et affirme même n’avoir « pas parlé à la télévision occidentale, depuis plus de quatre mois. » Mais « l’information » a eu le temps de circuler partout, notamment sur d'autres sites proches du régime, et a été reprise par la télévision syrienne Dunia comme le confirme cette vidéo en arabe.

« Il s’agit désormais d’une vengeance personnelle des dirigeants des pays arabes et des dirigeants du monde pour briser l’orgueil d’El-Assad. A ces dirigeants, je pose les questions suivantes : "Si Assad était vraiment aussi faible qu’ils le prétendent (...) comment se fait-il que des mois sont passés ? Et pourquoi, lorsqu’on leur demande si une intervention militaire était envisageable, s’empressent-ils de répondre qu’il est impossible de frapper la Syrie ? Est-ce à cause du manque de carburant pour les avions de l’OTAN ? Ou bien, est-ce parce qu’ils ont fini par vraiment comprendre qu’El-Assad a apporté un plus à la politique de son père Hafez Al-Assad ? », aurait-il déclaré selon la journaliste.

Une bien piètre tentative du camp pro-Assad pour montrer qu'il dispose encore d'alliés à l'étranger et en France également. Le professeur à l'Institut universitaire européen de Florence estime que « le régime est à bout de souffle » et voit « dans ce genre d'incident insensé, un signe de panique de plus. »

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