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Sur le vif

Municipales : une morte et des candidats forcés sur les listes FN

Rédigé par La Rédaction | Mardi 18 Mars 2014



Le Front national (FN) est tout fier d’aligner un nombre record de listes de candidats pour les prochaines élections municipales. Mais la campagne du parti d’extrême droite est entachée par des soupçons d’abus de faiblesse. Des « candidats » auraient été inscrits à leur insu sur des listes FN.

Ces derniers jours, plusieurs personnes se sont plaints de voir leurs noms sur des listes frontistes alors qu'elles n’avaient jamais donné leur autorisation pour cela. C’est le cas d’une quinzaine de personnes au Grand-Quevilly (Seine-Maritime), d’un couple à Orléans ou encore de plusieurs habitants de Villiers-sur-Marne (Val-de Marne). Dans la plupart des cas, il s’agit de personnes âgées ou à la santé fragile. Elles expliquent toutes avoir signé un document sans savoir qu’il s’agissait d'un formulaire Cerfa de déclaration de candidature.

Se sentant totalement flouées, six d’entre elles résidant à Elbeuf (Seine-Maritime) ont décidé de saisir la préfecture pour contester leur candidature. A la suite de leur plainte, le parquet de Rouen a annoncé, jeudi 6 mars, l’ouverture d’une enquête.

Le parti d’extrême droite a tenu à se défendre contre ces accusations bien embarrassantes. Dans un communiqué, Nicolas Bay, le directeur de campagne du FN pour les municipales, également tête de liste à Elbeuf, a dénoncé des « pressions » exercées sur les candidats FN. Selon lui, « ces manœuvres émanent de façon certaine des municipalités sortantes ». L’enquête du parquet de Rouen « va nous innocenter totalement et mettre en lumière les agissements de voyous dans certaines communes », assure-t-il au Parisien.

Dernièrement, le FN a également dû se justifier de la présence d’une candidate morte sur l’une de ses listes. Marie-Louise Jacob, présente sur la liste d’Enghien-les-Bains (Val-d'Oise), est pourtant décédée à 96 ans le 18 février, soit environ trois semaines avant la date de clôture des listes, le 6 mars dernier.

« Je n'ai malheureusement appris le décès que le 11 mars, à mon retour d'un voyage politique de soutien à nos candidats dans les départements de l'océan Indien », explique Jean-Michel Dubois, en tête de cette liste et également secrétaire national du FN pour l'Outre-mer. La préfecture du Val-d'Oise indique avoir été mise « au courant du décès de Madame Jacob le 10 mars ». Elle ne pouvait donc plus invalider la liste, qui avait été déposée en préfecture par Jean-Michel Dubois le 18 février... soit le jour même du décès de sa colistière.

Le FN, qui doit également gérer les déclarations xénophobes de candidats ne cachant pas leur racisme et leur islamophobie, s’est concentré à présenter le maximum de listes aux municipales qui se tiendront les 23 et 30 mars. Quitte à user de moyens aussi contestés que contestables.

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