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Sur le vif

Lille : les sans-papiers stoppent leur grève de la faim

Rédigé par La Rédaction | Mardi 15 Janvier 2013



Après 73 jours de grève de la faim, les sans-papiers lillois (au départ près de 70 puis une trentaine), installés sur le parvis de l'église Saint-Maurice, ont décidé de mettre fin à leur mouvement après avoir obtenu une «décision qui va dans le bon sens» de la part de la préfecture du Nord, dimanche 13 janvier.

La veille, une manifestation avait réuni environ 200 personnes et la mairie de Lille avait été brièvement occupée par des sans-papiers, vendredi 11 janvier, qui réclament leur régularisation. Face à cette mobilisation, le préfet du Nord avait alors proposé une « sortie de crise » en s’engageant à « un examen bienveillant » des dossiers « dans le cadre des textes en vigueur» et à établir «un calendrier échelonné » des demandes de régularisation.

Neuf personnes ont été régularisées et sept autres pourraient l'être prochainement, selon la préfecture. « Cela constitue une avancée importante et sérieuse », estime Roland Diagne, porte-parole du Comité des sans-papiers du Nord (CSP 59).

A présent, les sans-papiers vont déposer 20 dossiers par jour, 10 le matin et 10 l'après-midi. « On nous a dit que l'étude des dossiers serait faite dans les 15 jours, après on verra la suite », explique un ancien gréviste à l’AFP. 147 dossiers sont sur la liste.

Depuis plusieurs jours, des manifestations de soutien à l’action des sans-papiers lillois étaient organisées à Paris et dans d’autres villes d’Île-de-France, notamment par le Comité de sans-papiers de la région parisienne « né dans la lutte de solidarité » avec « les sans-papiers grévistes de la faim de Lille ».

Dans la capitale, une vingtaine de manifestants ont même investi la cour du siège du Parti socialiste, vendredi 11 janvier, après plusieurs jours de manifestations devant le siège. Plus d'une centaine de manifestants ont été embarqués par la police pour vérification d'identité, lors d’une manifestation organisée près du ministère de l'Intérieur à Paris, lundi 14 janvier.

« Nous n'allons pas régulariser 50, 100, 200 ou 300 dossiers parce qu'il y a une action des associations. Il y a des règles, elles doivent s'appliquer», a déclaré le ministre de l’Intérieur Manuel Valls La fin du délit de solidarité ne rime pas avec régularisation en masse pour le gouvernement socialiste.

La situation des sans-papiers, pourtant présents sur le sol français depuis longtemps, reste incertaine. Plusieurs actions et rassemblements sont prévus par des associations franciliennes tout au long de la semaine pour soutenir leur lutte.

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