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Sur le vif

Le statut d'intérêt général retiré à Coexister, recours à la justice

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 24 Janvier 2013



L’association Coexister, qui réunit depuis trois ans des jeunes chrétiens, musulmans, juifs et athées pour défendre le dialogue interreligieux, s’est vue retirer le statut d’intérêt général, qui permet aux donateurs d’avoir des déductions fiscales, apprend-on jeudi 24 janvier.

« L’association Coexister ne peut se prévaloir d’un caractère éducatif. Pour que le caractère éducatif soit reconnu, l’activité de l’association doit permettre la transmission d’un savoir et assurer aux élèves le développement de leurs capacités morales », fait ainsi savoir la direction générale des finances publiques dans un courrier daté du 18 janvier et rendu public par Coexister.

« La mise en place au sein d’établissements scolaires d’action de sensibilisation à l’urgence d’une société interculturelle respectueuse de la diversité, pour louable qu’elle soit, ne peut être regardée comme revêtant un caractère éducatif », estime ainsi l'Inspection générale des finances publiques.

« S'agissant du caractère social, l'association n'a pas pour objet prépondérant de venir en aide à des personnes présentant un risque social identifié ou en situation de difficulté particulière », ajoute-t-elle.

Une décision que ne comprend pas l’association, présidée par Samuel Grzybowski. « En quatre ans, nous avons organisé quatre opérations de solidarité, une dizaine de programmes de dialogue et plusieurs centaines de sensibilisations au cours desquelles nous avons rencontré plus de 7 000 jeunes, lycéens ou étudiants. Dans ce cadre, notre association organise plusieurs fois par an des formations rigoureuses et complètes, permettant la transmission non seulement d’un savoir, mais aussi de savoir-faire et de savoir-être », explique Coexister dans un communiqué.

Mais ces actions ne sont guère suffisantes pour l'Inspection générale des finances publiques. « Nous nous refusons à croire à une décision visant à augmenter les recettes fiscales de l’État. Nous ne voudrions pas non plus voir dans cette décision un acte de mépris vis-à-vis de l’esprit de la loi de 1905, ou de laïcisme excessif ne distinguant pas la foi du "religieux", en tant que fait social. Néanmoins, nous contestons fermement cette décision qui nous semble injuste, incohérente et scandaleuse dans le climat actuel de notre pays », fait-elle savoir.

L'association a lancé une pétition pour la « reconnaissance du statut d’intérêt général pour Coexister ». Elle a d’ores et déjà récolté plus de 1 000 signatures en quelques heures. Coexister a également annoncé, jeudi 24 janvier, son intention de déposer un recours au tribunal administratif.

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