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Sur le vif

Le halal n'a pas réussi à l'abattoir Gourault, en liquidation judiciaire

Rédigé par La Rédaction | Samedi 19 Mai 2012



Pari perdu. L’abattoir Gourault à Blois (Loir-et-Cher), qui avait misé sur le halal pour relancer son activité et se refaire une santé financière, est en liquidation judiciaire. L’annonce, faite le 11 mai, a pris de court les 74 salariés de l’entreprise, aujourd’hui sur le carreau.

Le tribunal de commerce a suivi la demande du Groupement des éleveurs de l’Ouest (GEO), qui réunit plus de 2 000 éleveurs bovins de Vendée, Maine-et-Loire et Deux-Sèvres et qui était l’unique actionnaire de l'abattoir. Selon le président du GEO, Guy Hermouet, la liquidation des Ets Gourault a été demandée pour des raisons purement économiques. Près de la moitié des 350 animaux abattus chaque semaine dans les ateliers blésois étaient destinés au marché du halal en pleine croissance mais généraient de faibles marges.

« Les habitudes de consommation ont évolué vers des produits moins chers, la volaille notamment. Le directeur qui avait été nommé à la tête de l'établissement a tenté de maintenir les volumes en jouant la filière halal et l'exportation. Mais la première comme la seconde génèrent des coûts supplémentaires : organismes de contrôle, personnel agréé, taxes douanières, transports. Et elles produisent des marges très faibles parce qu'elles ciblent des consommateurs à faible pouvoir d'achat », a-t-il expliqué à La Nouvelle République.

Mettre cette liquidation sur le dos du halal est trop facile. Ce sont en fait les taxes à l'export et les impayés qui ont fini par faire couler la société. « Pour tout arranger, Gourault a été victime d'incidents de paiement à répétition et, plus récemment, de la perte du marché turc qui a porté sa taxe douanière de 15 à 75 % du prix de la carcasse ! Nous avons perdu d'un seul coup 80 tonnes d'expéditions par semaine », poursuit M. Hermouet.

Les impayés à l'export, notamment au Maghreb, se sont accumulés, près de 2 millions d'euros, rapporte Usine Nouvelle. Ne trouvant pas de repreneur pour l’abattoir, le GEO a dû se résoudre à lâcher prise.

Selon lui, le secteur de la viande se trouve aujourd'hui en surcapacité d'abattage par rapport aux besoins. Un constat qui ne laissait aucun espoir de sauvetage, même pour Gourault, fondé en 1958.

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