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Société

Abattage rituel : le CFCM satisfait du décret mais vigilant

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 4 Janvier 2012

Les professionnels de l’abattage rituel devront redoubler d’efforts. Un décret les obligera, dès juillet 2012, à détenir une autorisation afin qu’ils puissent poursuivre leurs activités en toute légalité. Le Conseil français du culte musulman (CFCM), sollicité comme le Consistoire israélite par le ministère de l’Agriculture, en est satisfait, n’y voyant aucune remise en cause de l’abattage religieux. Mais il tient à rester vigilant sur l’application du décret afin de protéger le droit des musulmans et des juifs à consommer halal et casher.



Mohamed Moussaoui, président du CFCM.
Mohamed Moussaoui, président du CFCM.
Dès juillet prochain, les professionnels de l’abattage rituel seront contraints de disposer d'une autorisation préfectorale pour travailler. A cet effet, ils devront déposer un dossier complet au préfet de leur département, qui disposera alors d’un délai de trois mois pour statuer sur leur demande.

Cette nouvelle mesure est le fruit d’un décret et d’un arrêté du ministère de l’Agriculture, publiés dans le Journal officiel fin décembre, après six mois de consultations.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a confirmé que ce décret a bien été élaboré en concertation avec l’instance ainsi qu’avec le Consistoire israélite. « Nos amendements respectifs ont été pris en compte et le texte dans sa forme finale traduisait un équilibre acceptable par les représentants des deux cultes. Naturellement, nous resterons vigilants sur la mise en application du décret et de l'arrêté, notamment sur la procédure d'autorisation et les éléments du dossier à instruire en vue d'obtention de l'autorisation ainsi que sur les modalités de contrôle », nous indique Mohamed Moussaoui, président du CFCM.

Aucune remise en cause de l’abattage rituel

Cette obligation de détenir l’autorisation du préfet est liée à l'entrée en vigueur en janvier 2013 d'un nouveau règlement européen sur le bien-être des animaux lors de leur mise à mort. « Le décret et l'arrêté sont en quelque sorte la réponse que le gouvernement français a apporté à la demande de la Commission européenne concernant l'encadrement de la dérogation donnée à l'abattage rituel quant à l'obligation de l'étourdissement préalable », précise-t-il.

Le décret, jugé satisfaisant pour les responsables musulmans et juifs, a également été salué par les associations de défense des animaux qui estiment que c’est un premier pas vers une interdiction de l’abattage sans étourdissement préalable. Faux pour M. Moussaoui qui indique que « le décret a réaffirmé le respect de ce droit »

Un encadrement plus strict est une façon, selon M. Moussaoui, de faire taire ceux et celles qui ne cessent de stigmatiser l'abattage rituel. Son absence leur a laissé « le champ libre de présenter la réalité de cet abattage d'une manière erronée, voire mensongère. Les chiffres qu'ils annoncent à chacune de leurs campagnes de dénigrement sont souvent imaginaires et ne reposent sur aucune donnée objective. Avec cet encadrement, ces associations seront acculées à confondre leurs allégations avec des données officielles incontestables. »

« La bien-traitance animale est l'essence même de l'abattage rituel. Tout ce qui peut contribuer au respect de ce bien-être ne peut que servir l'abattage rituel. La formation du personnel, l'amélioration des équipements et des conditions d’hygiène sont aussi de nature à améliorer la qualité des produits mis à la consommation », insiste le président du CFCM, qui entend bien ne faire aucune concession sur les rites religieux en ce domaine. Ce qui a de quoi rassurer les musulmans, qui attendent toujours des nouvelles de la charte halal du CFCM.





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