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Sur le vif

Le député Pouria Amirshahi quitte le PS

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 4 Mars 2016



Pouria Amirshahi dénonce un parti socialisté rongé par « une caste de technocrates et de possédants de plus en plus puissants ».
Pouria Amirshahi dénonce un parti socialisté rongé par « une caste de technocrates et de possédants de plus en plus puissants ».
Représentant des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale et député frondeur, Pouria Amirshahi annonce dans un entretien accordé au Monde, vendredi 4 mars, sa démission du Parti socialiste. « Je quitte le PS et le monde des partis en général, rhizomes d’un système institutionnel à bout de souffle. Ils sont devenus des machines électorales sans grande conviction, sans promesse d’avenir heureux pour le pays » justifie-t-il. Pouria Amirshahi se dit désabusé par les partis politiques français qu’il estime « au mieux incapables, au pire dangereux comme par exemple le Front national ».

Deux jours plus tôt, le député a vu l’Assemblée nationale rejeter son amendement de la réforme pénale, proposant la mise en place d’un récépissé de contrôle d’identité, une mesure visant à lutter contre le contrôle au faciès qui n'a pas été soutenue par la majorité socialiste.

Selon lui, le PS est rongé par « une caste de technocrates et de possédants de plus en plus puissants » et juge que « la France n’est pas gouvernée par l’aile droite du PS, mais par des néoconservateurs, dans tous les domaines, à quelques exceptions près… D’ailleurs, leurs alliés sont désormais issus du bloc réactionnaire : déchéance de nationalité, état d’urgence, surenchère pénale, droit du travail ».

Membre de l’aile gauche du Parti socialiste, Pouria Amirshahi avait été un des porte-paroles du « non » lors du référendum sur la Constitution européenne en 2005. Aujourd’hui, il fustige le « vol de l’argent public » en faisant référence aux 40 milliards d’euros « donnés sans conditions sans que les salariés aient vu le début d’une amélioration substantielle de leur niveau de vie » du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Il exprime par ailleurs son opposition au choix de l’exécutif de « gouverner par la peur ».

Élu en 2012 avec 62 % des voix pour représenter les Français de l'étranger (Maghreb et Afrique de l'Ouest), Pouria Amirshahi affirme vouloir aller au bout de son mandat qui se termine en 2017, puis entend retourner à la vie professionnelle.

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