Connectez-vous S'inscrire






Points de vue

La responsabilité de la classe politique

Rédigé par Bamba Amara | Jeudi 23 Janvier 2003

Le nouvel homme fort est le Général Robert Guéi. Il est mis devant le fait accompli par les soldats qui prennent le pouvoir. Originaire de l’Ouest du pays, M. Guéi est connu pour être un bon militaire et un homme honnête. Pour avoir désobéi au président Bédié qui lui demandait de réprimer une manifestation d’étudiants, le Général avait été éloigné de ses hommes. Son retour dans les conditions du coup de force lui confère une grande popularité.



Le nouvel homme fort est le Général Robert Guéi. Il est mis devant le fait accompli par les soldats qui prennent le pouvoir. Originaire de l’Ouest du pays, M. Guéi est connu pour être un bon militaire et un homme honnête. Pour avoir désobéi au président Bédié qui lui demandait de réprimer une manifestation d’étudiants, le Général avait été éloigné de ses hommes. Son retour dans les conditions du coup de force lui confère une grande popularité.

 

M Guéi prendra ses responsabilités en déclarant son peu d’intérêt pour le pouvoir. « Je suis venu balayer la maison ivoirienne » dira-t-il. Il annonce des élections démocratiques et entreprend une reforme de la constitution. Le code électoral qu’il élabore écarte M Alassane Ouattara de la course à la présidence de la république. Le motif évoqué est la « nationalité douteuse ». A l’annonce de cette décision la ville de Kong, dont M Ouattara est originaire, expulse le sous-préfet de la localité et décrète la sécession. Les chefs traditionnels du Nord refusent de recevoir les membres du Comité de médiation et de réconciliation nationale. La colère s’exprime dans les mosquées aussi. Mais la décision sera maintenue.

 

Le général Guéi, en dépit de sa déclaration initiale, se portera candidat. Le RDR proteste. Les manifestants qui s’en suivent sont réprimés sans ménagement. Des mosquées sont attaquées. Des imams sont interpellés. Des manifestantes en hijab sont déshabillées.

 

Les élections auront lieu. Plus de 80% des inscrits n’iront pas voter. Le Nord, fief du RDR, les urnes sont vides. Le dépouillement se déroulera dans la confusion puisque M. Gbagbo et Le Général Guéi annonceront chacun sa victoire propre victoire. La direction du FPI appellera ses militants à occuper la rue. Le RDR en fera de même. La gendarmerie, proche de M Gbagbo interviendra. Les chiffres officiels annoncent plus de 200 morts dont un charnier de 56 corps qui sera découvert les jours suivants. Les victimes sont, pour la plupart, des militants du RDR. M Gbagbo sera investi chef de l’Etat. Le jour de son investiture, il commentera la tuerie : « ce sont des morts inutiles ». Le Général et ses hommes se retireront dans leur fief à l’Ouest. C’était toujours l’automne.

 

 « Le balayeur balayé » titra un quotidien national. L’atmosphère n’était pas encore au calme. Le RDR ne reconnaissait pas le nouveau président. Il lui reprochait d’être « mal élu » et réclamait de nouvelles élections. Le Nord du pays campait sur son hostilité. L’Ouest était  sous le contrôle du Général Guéi et de ses hommes. Certains membres du FPI, d’obédience socialiste, reprochaient à leur parti de s’être « compromis dans l’ivoirité ».

 

Le nouveau chef de l’Etat annonce un calendrier électoral. Les législatives sont boycottées par le RDR. Le FPI, emporte largement le parlement. Puis il organise les municipales auxquelles le RDR participe finalement et les emporte largement y compris dans les fiefs du FPI au pouvoir. Le Président Gbagbo se lance dans une campagne de réhabilitation auprès des institutions internationales et tend la main à l’opposition en lançant une campagne de réconciliation nationale. Un gouvernement d’union nationale voit le jour avec des membres du RDR. Un semblant de calme s’était installé. La confiance des bailleurs semblait de retour. L’automne semblait prendre fin jusqu’au 19 septembre…