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Points de vue

L’IESH de Paris rend hommage au Pr. Ridha Chaïbi

Par Ammar Rouibah*

Rédigé par Ammar Rouibah | Mardi 26 Octobre 2010



Une centaine de personnes a tenu à rendre hommage à leur ami, professeur, collègue Ridha Chaïbi, lundi 25 octobre 2010. Ici, Ahmed Jaballah, directeur de l'IESH, institut dans lequel enseignait R. Chaïbi.
Une centaine de personnes a tenu à rendre hommage à leur ami, professeur, collègue Ridha Chaïbi, lundi 25 octobre 2010. Ici, Ahmed Jaballah, directeur de l'IESH, institut dans lequel enseignait R. Chaïbi.
Après la disparition tragique de Ridha Chaïbi, jeudi 21 octobre, ses étudiants, ses collègues, et ses amis se sont donné rendez-vous ce lundi 25 octobre, à l’Institut européen des sciences humaines (IESH) de Paris, où il avait été enseignant, afin de lui rendre un hommage digne de lui.

La mort de Ridha Chaïbi fut un vrai choc pour tous ceux et toutes celles qui l’ont connu, notamment ses étudiants, qui lui étaient très attachés.

C’est Ahmed Jaballah, directeur de l’IESH qui ouvre cette journée d’hommage, en rappelant les qualités du défunt, notamment son intelligence et son implication, qui ont fait de lui un enseignant distingué au sein de l’IESH de Paris, où il dispensait des cours depuis 2005.

Mohammed Ben Nacer, responsable des études supérieures au sein de l’IESH, évoque le concours des circonstances qui ont fait qu’au moment où il lui envoyait un courriel pour le remercier de ses commentaires sur une thèse de l’un de ses étudiants, dont la soutenance était prévue d’ici peu, c’est à moment-là qu’il reçut la terrible nouvelle de son décès. M. Ben Nacer trouve regrettable qu’une personne comme R. Chaïbi, docteur en philosophie, n’ait trouvé l’intérêt ni la place qu’il mérite au sein des institutions académiques françaises.

Les étudiants, pour leur part, ont voulu laisser un témoignage de fidélité à la mémoire du défunt. C’est ainsi que Abou Bakr Gammas, étudiant en jurisprudence et fondement de la jurisprudence, évoque l’ardeur dont a fait preuve le défunt, sa force de conviction, son ouverture d’esprit, ses efforts, afin que les étudiants développent un esprit critique. Autant de points qui ont marqué l’esprit de ses étudiants et lui ont accordé une place privilégiée dans leur cœur.

Ses amis, de leur côté, ont évoqué une partie de sa vie. Dans ce sens, Belkacem Najeh nous a parlé de l’époque de l’université et des discussions et échanges au sujet des travaux qui lui tenaient à cœur, à savoir l’œuvre de Rousseau, de Voltaire, de John Stuart Mill ; et nous rajoutons, à notre tour, les travaux d’Averroès, d’Ibn Khaldoun, d’Avicenne et d’autres savants musulmans.

Mohammed Maalig, avocat et ami de Ridha Chaïbi, ne put s’empêcher de verser des larmes en parlant de Ridha ; il regrette vraiment d’avoir raté l’occasion de profiter de sa science et de son intelligence.

Bachir Koudssi, ami de longue date, évoque les longs moments passés ensemble dans les universités et bibliothèques. Leur unique objectif était la quête de la science et rien d’autre. Ils étaient arrivés en France après un parcours universitaire en Tunisie, avec beaucoup d’ambitions scientifiques et académiques : « Nous avons beaucoup d’ambitions, mais avec la mort de Ridha, ces ambitions sont mortes avec lui. »

Sihem Badie, voisine du défunt, a rappelé ses grandes qualités humaines et conclut : « Il revient en Tunisie pour planter un olivier avec tout le symbole que porte ce geste, pour dire simplement et humblement : “C’est ma manière d’être positif.” »


* Ammar Rouibah est chargé du développement des ressources au sein de l'Institut européen des sciences humaines (IESH) de Paris.