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L’Arabe du futur 5, par Riad Sattouf, le talent toujours au rendez-vous

Reçu à Saphirnews

Rédigé par Yousra Gouja | Vendredi 8 Janvier 2021 à 08:30

           


L'avis de Saphirnews

Avec sa série à succès L’Arabe du futur, Riad Sattouf est une de ces vedettes incontournables du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême qu'il sera impossible d'éclipser en 2021. L'événement, qui devait se dérouler fin janvier, a été reporté à juin en raison de l'épidémie de Covid-19. Une période particulière qui n'a pas freiné l'inspiration du dessinateur : il a fait paraître le 5e tome de sa BD autobiographique en novembre dernier et a remporté l'unanimité des critiques.

L’Arabe du futur 5, par Riad Sattouf, le talent toujours au rendez-vous
En 1992, à 14 ans, Riad Sattouf se présente sous un jour peu confiant et trouve qu’il a des défauts physiques à effacer. Le titre du tome 5, « Une jeunesse au Moyen-Orient (1992-1994) », est quelque peu trompeur car Riad est bien en France, à Rennes. C’est son petit frère Fadi qui est en Syrie après avoir été enlevé par son père. Dans ce nouveau volume, le lecteur veut savoir si Fadi va finir ou pas par rentrer à la maison. Riad ne trouve pas le sommeil. Tout du long, son rapport au sommeil est perturbé soit par le départ de son frère, soit par les conversations qu’il a eues au collège ou encore par son imagination débordante.

Sa grande crainte est de rester célibataire à vie. Il tombe éperdument amoureux d'Anaïck, la jeune passe-partout qui est à l’aise aussi bien avec les populaires que les marginaux. On retrouve dans L'Arabe du futur des thématiques communes aux « Cahiers d’Esther », signé du même auteur : souci de l'apparence, loi du collège et hiérarchie entre jeunes généralement liée à l'origine sociale. Comme dans cette série, il a toujours besoin d’attention et bien qu’il n’en demande pas, il souhaite qu’on lui en donne. Il garde pour lui ce qui se passe à la maison.

Ayant oublié la langue de son père, l'arabe, il ne peut aider sa mère dans les procédures avec les représentants syriens visant à rapatrier Fadi en France. Il n’empêche, voyant sa mère changer et devenir très fragile malgré l’aide de sa famille bretonne, il est conscient qu’il a un rôle à jouer. Il rassure ainsi souvent sa mère, qui se réfugie dans la religion catholique. Riad, tout en se questionnant sur son rapport à Dieu, embarque ainsi avec elle dans les rites. Il va jusqu’à accomplir un pèlerinage avec sa mère pour demander au Seigneur le retour de son frère.

D’un autre côté, Riad Sattouf se présente sous un nouveau visage, celui du jeune qui se découvre une passion. Il découvre les œuvres de l'écrivain Howard Philips Lovecraft et du bédéiste Enki Bilal. « Je rêvais de me retrouver un jour avec un bac à moi chez le bouquiniste », dit-il dans son nouveau tome. Un rêve devenu réalité plusieurs années après avoir offert ses premiers dessins à ses camarades. C’est d’ailleurs un dessin de Michael Jordan qui a été pour Riad le passeport pour être accepté par ceux qu'il appelle les « dominants », les populaires du collège. Tel le début de sa carrière, née d’un talent repéré par sa prof d’arts plastiques, déterminée à le faire entrer dans cette voie.

Riad Sattouf confie à ses lecteurs de nombreuses blessures mais il parvient souvent à en rire. Il fait des efforts pour avoir une vie normale tout en soutenant sa mère qui s'enfonce. C'est écrit de façon distante sans trop en faire, et c'est d'autant plus puissant. La rédaction du 6e et dernier tome de sa série phare est en cours d'écriture. Quelle suite et fin donnera-t-il à son histoire familiale ? Il faudra patienter mais le dessinateur, qui confirme son talent de tome en tome, saura nous la faire aimer !

Présentation de l'éditeur

Ce livre raconte l’histoire vraie d’un adolescent plus du tout blond, de sa famille franco-syrienne et d’un fantôme.

Riad a 14 ans, ses cheveux blonds ont disparu, et il a un physique difficile. À la fin du tome précédent, son père s’est enfui en Syrie avec son plus jeune frère, Fadi. Tandis que sa mère utilise tous les recours légaux pour récupérer son fils, Riad poursuit son exploration de cet âge pénible qu’est l’adolescence et se réfugie dans le paranormal. Il devient copain avec les exclus de sa classe, qui lui font lire Lovecraft, et rencontre Anaïck, la femme de sa vie. Grâce au dessin, il arrive à se faire – un peu – respecter. Mais il a du mal à trouver sa place, partagé entre l’envie d’être comme les autres et sa mauvaise conscience venue de Syrie, qui se rappelle à lui à travers les voix de son père et de ses cousins…

Dans le premier tome (1978-1984), le petit Riad était ballotté, de sa naissance à ses six ans, entre la Libye de Kadhafi, la Bretagne de ses grands-parents et la Syrie de Hafez Al-Assad. Le deuxième tome (1984-1985) racontait sa première année d’école en Syrie. Le troisième tome (1985-1987) était celui de sa circoncision. Le quatrième tome (1987-1992) révèle le coup d’État de son père.

L’Arabe du futur 5, par Riad Sattouf, le talent toujours au rendez-vous

L'auteur

Auteur de bande dessinée et réalisateur, Riad Sattouf naît en 1978 à Paris. Son enfance se déroule entre la Libye, la Syrie et la Bretagne. Il étudie les arts appliqués à Nantes, puis le cinéma d’animation à Paris, à l’école des Gobelins. Il a publié Les Pauvres Aventures de Jérémie, Manuel du puceau, No sex in New York, Pipit Farlouse, Retour au collège, Pascal Brutal, La Vie secrète des jeunes, L’Arabe du futur et Les Cahiers d’Esther.

Lauréat de nombreux prix internationaux (Los Angeles Times Graphic Novel Prize, Prix de l’excellence au Japan Media Arts Festival, Max und Moritz Prize) et traduit en vingt-deux langues, il est l’un des rares auteurs à avoir remporté le Fauve d’or du meilleur album au Festival d’Angoulême à deux reprises, en 2010 et 2015. La BPI du Centre Pompidou lui consacre, en 2018, une exposition Riad Sattouf, l’écriture dessinée. Il a réalisé deux longs-métrages : Les Beaux Gosses, en 2009 (César du meilleur premier film), et Jacky au royaume des filles, en 2014.

Riad Sattouf est le créateur d’une œuvre originale qui utilise pleinement les ressources conjuguées du dessin et de l’écriture. Il porte sur le monde un regard très personnel, à la fois tendre et lucide. Son propos emprunte autant à la chronique sociale (Retour au collège, La Vie secrète des jeunes) qu’à la satire (Pascal Brutal) ou à l’autobiographie (L’Arabe du futur).

Riad Sattouf, L’Arabe du futur, Tome 5, Editions Allary, novembre 2020, 184 pages, 22,90 €