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Psycho

Kamila : « J’ai besoin de parler de ce qui me hante depuis 35 ans »

Rédigé par Lalla Chams En Nour | Lundi 30 Mars 2020 à 11:55



Kamila : « J’ai besoin de parler de ce qui me hante depuis 35 ans »
J'ai la quarantaine, je suis mariée et maman de trois enfants. Petite fille, j'ai regardé L'Exorciste lorsqu'il est passé à la télévision.

Mes parents, paix à leurs âmes, n'avaient pas conscience des ravages que peuvent avoir les images sur les enfants et je ne leur en veux absolument pas.

Je me souviens de ces nuits blanches, de ces nuits de cauchemars qui ont suivi le visionnage du film. Le moment du coucher était devenu ma plus grande angoisse : maux de ventre, terreurs nocturnes... Il m'a fallu énormément de temps et un déménagement pour tourner la page.

Mon adolescence n'a pas été hantée par ces images, mais rien que la musique du film faisait tout remonter à la surface.

Je suis repartie le voir en journée avec ma cousine au début des années 2000 à sa sortie au cinéma lors de sa « remastérisation » pour pouvoir démystifier ce film et exorciser ce traumatisme. Cela n'a pas fonctionné.

Régulièrement, je refais ce cauchemar, différent dans sa forme, mais le fond est identique : le diable tente de me posséder. Je me réveille alors terrifiée, choquée mais j'arrive très rapidement à m'apaiser par des invocations et en faisant la shahada (attestation de foi).

Je me sers de mon exemple pour expliquer à mes enfants le danger des images. C'est alors un argument pour leur interdire le visionnage de certains films dont les jeunes sont friands.

Mais j'aimerais tellement me défaire de ce cauchemar récurrent mais je n'y arrive pas. Me suivra-t-il jusqu'à mon dernier souffle ? Merci de votre aide.

Lalla Chams En Nour, psychanalyste

Chère Kamila,

Petite fille dites-vous, vous pouviez donc avoir moins de dix ans. Dans cette première tranche d’âge, l’enfant ne sait pas encore faire la différence entre la réalité, la fiction, et son imagination, d’où l’importance d’une surveillance parentale pour préserver les stades de développement de l’enfant.

Cela me rappelle une petite fille de huit ans qui venue me voir en consultation parce qu’elle s’empêchait de dormir pour ne pas rencontrer les monstres de ses cauchemars. Ce fut sans doute votre cas. L’image devient alors traumatisante car vous ne pouvez pas l’intégrer dans votre système encore inachevé de représentation de la réalité.

Vous avez bien fait de retourner voir le film une fois adulte, pourquoi pas après tout. Mais il aurait fallu en parler avant et après avec un psy, dans le cadre d’un travail qui vous permettrait de remettre en paroles les frayeurs d’autrefois pour les neutraliser. C’est ainsi qu’on peut transformer un traumatisme.

Il ne suffit pas d’en parler avec sa sœur, sa cousine ou sa meilleure amie. C’est une approche délicate, qui nécessite un cadre. Vous pourriez peut-être tenter l’aventure ? Vous vous en trouveriez libérée.

La rubrique « Psycho », qu’est-ce que c’est ?

Des psychologues et psychanalystes répondent à vos questions. Musulman(e)s du Maghreb ou de France, professionnel(le)s actif(ve)s exerçant en cabinet, ils réfléchissent à votre problématique et tentent de vous éclairer à travers leur expérience professionnelle et leur pratique spirituelle. Ils peuvent vous aider à y voir plus clair en vous-même ou à mieux décrypter le comportement des personnes de votre entourage.
Ils ne sont pas médecins, même si on les désigne parfois comme des « médecins de l’âme », mais leur rôle est de vous aider à trouver en vous-même la meilleure réponse à vos interrogations sur vos relations aux autres, votre conjoint ou conjointe, vos parents, vos frères et sœurs, vos amis, vos collègues de travail, vos voisins...
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