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Sur le vif

« Je suis une bombe. Jihad, né le 11 septembre » : le tee-shirt au tribunal

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 6 Mars 2013



« Je suis une bombe. » Signé « Jihad, né le 11 septembre. » Ces inscriptions ont été retrouvées sur le tee-shirt d’un enfant, effectivement prénommé Jihad et né à cette date en 2009. Ce dernier l'a porté le 25 septembre 2012 en se rendant à son école maternelle de Sorgues, près d’Avignon (Vaucluse).

Bouchra Bagour, la mère, ainsi que Zeyad Bagour, l’oncle du garçonnet de trois ans à l’origine de ce cadeau particulier, ont été jugés, mercredi 6 mars, devant le tribunal de grande instance d’Avignon (Vaucluse) pour « apologie de crime », à la suite d’une enquête diligentée par le procureur de la République d’Avignon, lui-même saisi par le maire de la ville qui avait été averti par l’école.

La mère, qui plaide la maladresse, s’en est pourtant excusée auprès de la direction de l’école, expliquant que le terme « bombe » ne signifie rien de plus, dans ce contexte, que « beau gosse ». Celle-ci a d’ailleurs réfuté toute provocation ou « apologie au terrorisme ». Rien n’y fait. Le maire en appelle à une sanction.

Pour les soutiens de la mère du petit Jihad, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une récupération politique d’une histoire qui aurait pu être classée le jour même après de simples explications entre la famille et la municipalité. Sorgues est en effet une des circonscriptions du Vaucluse où le Front national a fait de très bon scores.

« Quand la mosquée de Sorgues a été la cible d'inscriptions clairement racistes en décembre 2009, Monsieur le maire n'a pas bougé, pas plus que tout récemment quand un club de sport soutenu par la municipalité a été fortement soupçonné de discrimination à l'inscription des demandeurs d'origine maghrébine », a fait savoir, dans un communiqué, Bernard Senet, membre du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) dans le Vaucluse.

Cependant, le vice-procureur Olivier Couvignon a dénoncé « la banalisation de l'acte terroriste et l'instrumentalisation d'un enfant ». « Cet enfant qui n'a pas choisi son prénom, sa date de naissance, on l'envoie lâchement sur le front de la dérision haineuse avec la volonté de défier certains principes, certaines valeurs », a-t-il dit.

Il a requis une amende de 1 000 euros à l’encontre de la mère et 3 000 euros à l’encontre de son frère, assortie de l’obligation d’afficher la décision judiciaire. L’affaire a été mise en délibéré au 10 avril.

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