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Points de vue

Honneur aux femmes !

Par Hamza Braiki

Rédigé par Hamza Braiki | Vendredi 8 Mars 2013



Honneur aux femmes !
Le premier honneur fait aux femmes est celui que Dieu leur adresse en leur consacrant une sourate, et pas des plus courtes, An-Nisâ’. Nous y trouvons l’origine de l’espèce humaine, les règles de mariage, d’héritage, de divorce, dans un écrin de bonté, de ma’rouf.

En voici les premiers versets :
« Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et qui, ayant tiré de celui-ci son épouse, fit naître de ce couple tant d’êtres humains, hommes et femmes ! Craignez Dieu au nom duquel vous vous demandez mutuellement assistance ! Respectez les liens du sang. En vérité, Dieu vous observe en permanence. » (Coran, Les femmes, s. 4, v. 1).

Un appel aux hommes, un rappel de leur origine commune, et là, tout de suite, une première source d’incompréhension et d’explication très orientée. « Vénérez votre Seigneur ! » C’est le but du jeûne, la motivation et la conscience divine transcendant tout le reste. Des mots sans genre à qui beaucoup ont tout de suite donné une préséance de la présence de l’homme sur la femme.

« Vénérez Dieu au sujet duquel vous vous questionnez, et la matrice. » El-arham est de la même racine que ar-rahma, la clémence. Il s’agit de l’utérus qui symbolise le giron protecteur de la vie, lieu sacré, qui donne du respect à toutes les femmes. Si Dieu se charge de nourrir par le placenta le fœtus, il se charge aussi de l’abreuver de cette foi pure, al-fitra, qui est complète en chaque nouveau-né, qui ensuite s’amplifie ou diminue.

Mais avant de penser la femme comme mère, épouse ou fille, nous allons d’abord la penser comme être. Il est difficile, dans une réalité violente de parler de l’idéal. On ne peut pas farder la situation actuelle désolante de toutes les femmes du monde par de jolis mots.

Pourquoi marteler que l’islam a libéré les femmes, alors que les mariages forcés, les violences conjugales, les crimes d’honneur, les discriminations fleurissent encore chez nous ? Mais un principe de base doit être clair : tout ce qui fut accompli au détriment de la femme l’a été en contradiction avec la conduite prophétique.

Le Prophète dit : « Les femmes sont les égales des hommes, celui qui les honorera est un noble, celui qui les méprisera est un méprisable. » Il a aussi cité son amour des femmes parmi ses préférences en ce bas monde. Cela est mal compris de gens qui ne peuvent concevoir l’amour sans arrière-pensées ni sous-entendus.

Et le Prophète le montrait au quotidien, envers sa fille ses femmes : « Les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leur femme, et je suis le meilleur d’entre vous avec mes femmes », envers les autres femmes, sa courtoisie, sa chaleur humaine, ses salutations, sa délicatesse, sa compréhension.

Malgré tous ces indices, la femme a toujours incarné la victime de choix, la coupable idéale, la bouc-émissaire de la communauté. Avant l’islam, les hommes enterraient leurs filles, tant pour des questions d’honneur que des questions de charge.

Aujourd’hui, nous continuons de l’enterrer vivante dans son silence, de la murer dans l’oppression, de l’enchaîner dans notre injustice, de la sacrifier dans son salaire. Tous les malheurs lui sont attribués.

C’est pour laver l’honneur de ces femmes, de ces jeunes filles et de ces filles, pour leur rendre le rang auquel Dieu les a élevées, pour briser les idées des misogynes, infiltrés dans les rangs des fidèles, que nous devons les honorer, sans limites.