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Sur le vif

Grande-Bretagne : les femmes, premières victimes de l’islamophobie

Rédigé par La Rédaction | Lundi 11 Mars 2013



En Grande-Bretagne, le premier bilan des appels sur la ligne téléphonique mise à disposition des victimes d’islamophobie révèle que les femmes en sont les premières cibles, rapporte le journal britannique The Guardian.

Douze mois après la mise en service de cette ligne baptisée « Tell MAMA » (Measuring Anti-Muslim Attacks – Mesures des attaques anti-musulmans) montrent que 58 % des quelque 630 actes islamophobes recensés ont touché des femmes. En France, le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), qui dresse chaque année un bilan des actes islamophobes, constate également que les femmes en sont les premières victimes.

En Grande-Bretagne, la majorité de ces attaques physiques ont lieu dans la rue et, très souvent, les victimes portaient des tenues islamiques, selon le rapport. Parmi ces actes islamophobes, on compte des attaques particulièrement horribles comme celle d’une fillette écrasée par un camion ou celle d’une Somalienne, à qui un homme a placé des déjections de chien sur la tête.

Les personnalités ne sont pas épargnées. Ainsi, la première femme ministre musulmane Sayeeda Warsi a été menacée via Internet par le mouvement politique English Defence League (EDL) qui dit se battre contre « l’islamisation » du pays.

La majorité des auteurs d’actes islamophobes sont d’ailleurs liés à ce parti ou à celui du British National Party (BNP). 54 % des membres de ces mouvements d’extrême droite sont les auteurs des actes islamophobes recueillis par Tell MAMA et les agresseurs ont une moyenne d’âge comprise entre 21 et 30 ans. Les informations reçues par la ligne d’urgence ont permis l’arrestation de 21 partisans de la EDL et plus de 40 actes ont été imputés au leader de la EDL, Tommy Robinson.

Fiyaz Mughal, directeur de l’organisation interreligieuse Faith Matters et coordinateur de Tell MAMA se dit « choqué » par l’ampleur de l’islamophobie, plus particulièrement sur Internet.

Ces résultats interviennent juste après la publication d’une enquête du think-thank politique Chatham House qui démontre qu’il y a un lourd climat islamophobe dans le pays. Ainsi, de plus en plus de Britanniques affirment que l’islam gagne « trop » de terrain et que « les communautés musulmanes constituent une menace pour les Anglais de souche et la nation anglaise ».

« Nous demandons à la police et aux politiciens de faire davantage pour lutter contre cette vague honteuse de peur et de préjugés. Sur Internet, au travail, dans la rue et même dans leurs maisons, trop souvent, les femmes et hommes musulmans deviennent la cible de vicieux, parfois violents », déclare M. Mughal, qui fut un ancien conseiller du vice-premier ministre Nick Clegg.

Il demande ainsi aux services de police d’améliorer les enregistrements de crimes islamophobes, tout en regrettant les manquements des policiers qui « souvent » ne prennent pas bien compte des déclarations des victimes d’islamophobie et ne savent pas apprécier les effets de tels actes sur les femmes et les enfants vulnérables.

Actuellement, en Grande-Bretagne, seules deux forces de polices, la police métropolitaine de Londres (Metropolitan Police, MET) compétente dans la région londonienne, et celle de la ville de Londres comptabilisent les crimes islamophobes à part entière.

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