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Sur le vif

Egypte : la dissolution du Parlement et le maintien de Chafiq créent des tensions

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 15 Juin 2012



A la veille du second tour de l’élection présidentielle, prévu samedi 16 et dimanche 17 juin, les décisions de la Haute Cour constitutionnelle n’arrangent pas la situation de l’Egypte. La plus haute instance judiciaire du pays a en effet invalidé, jeudi 14 juin, le Parlement et confirmé la candidature contestée d'Ahmed Chafiq, l’ex-Premier ministre d’Hosni Moubarak.

Concernant le Parlement, dont les membres ont été élus en janvier dernier, la Cour estime que près d'un tiers des députés actuels n'a pas été élu dans des conditions « constitutionnelles ». Le Parlement a donc été jugé « entièrement illégal » et sa dissolution a été demandée.

Les Frères musulmans, qui y siégeaient majoritairement, ont dénoncé un « coup d'Etat total à travers lequel le Conseil militaire a effacé la période la plus honorable dans l'Histoire de notre patrie ». Cette décision passe mal, y compris du côté de la population, d'autant que c'est le Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui devrait reprendre le contrôle du Parlement.

Le journal indépendant Al-Tahrir parle de « coup d'Etat juridique » et l’éditorialiste du quotidien Al-Chourouq estime que « ce qui s'est produit nous ramène au 24 janvier 2011, la veille de la révolution contre Moubarak ».

Pour beaucoup, le fait qu’Ahmed Chafiq, ancien Premier ministre de Hosni Moubarak, voit sa candidature confirmée au second tour est également un signe du retour de l'ancien régime. Pour confirmer sa candidature, la Cour a invalidé la loi qui interdisait aux membres de l’ancien régime de se présenter aux élections.

Dès l’annonce de ces décisions, des affrontements ont éclaté devant le bâtiment de la Haute Cour constitutionnelle et les Egyptiens ont déjà prévu de manifester dans les rues avant le second tour.

Le contesté Ahmed Chafiq s’attache à rassurer la population en indiquant notamment qu’il garantirait « les libertés individuelles et de la presse » s’il est élu. Son adversaire, le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, juge pour sa part que « le peuple est bien déterminé à protéger sa révolution contre les corrompus de l'ancien régime ».

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