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Des cellules musculaires greffées dans le cœur

Rédigé par LATRECH Nadia | Jeudi 1 Août 2002 à 00:00

           

Les maladies cardio-vasculaires sont souvent appelées « maladies de civilisation ».
Elles constituent aujourd’hui la première cause de mortalité dans les pays industrialisés dits développés. Et leur prise en charge thérapeutique ne cesse d’augmenter, malgré leur incidence très intense.



Les maladies cardio-vasculaires sont souvent appelées « maladies de civilisation ».
Elles constituent aujourd’hui la première cause de mortalité dans les pays industrialisés dits développés. Et leur prise en charge thérapeutique ne cesse d’augmenter, malgré leur incidence très intense.

L'Assistance publique Hôpitaux de Paris et la société américaine privée de biotechnologie Genzyme Biosurgery ont annoncé,mardi 30 juillet, le lancement d’une nouvelle étape dans l'histoire de la lutte contre l'insuffisance cardiaque graves : la thérapie cellulaire.. Menée auprès de 300 malades, cette étude évaluera l'efficacité d'un traitement consistant à greffer au sein du myocarde des cellules musculaires prélevées chez des patients ayant été victimes d'un infarctus. La crise cardiaque, ou infarctus du myocarde, est la mort, ou nécrose (mort des cellules composant un tissu organique), d’une partie du myocarde causée par la cessation brusque de l’apport sanguin. L’infarctus du myocarde peut ou non être précédé d’une angine de poitrine.


Une nouvelle thérapie
La thérapie cellulaire cardiaque consiste à remplacer les cellules défaillantes du coeur par des cellules musculaires. Le prélèvement et la greffe étant effectués sur la même personne, il n'y a aucun risque de rejet. Bien entendu, la manipulation est un peu plus complexe que cela. Un fragment de muscle prélevé dans la cuisse du patient est soumis à des enzymes qui vont en détruire les tissus pour n'en conserver que les myoblastes. Ces petites cellules rondes satellites des fibres musculaires sont capables de proliférer pour régénérer le muscle en cas de lésion. Une fois ces cellules isolées, on les fait multiplier en laboratoire. « En quinze jours, on obtient ainsi un milliard de cellules à partir de l'échantillon prélevé », explique Jean-Thomas Vilquin, (CNRS INSERM, hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris) codécouvreur du procédé de culture des myoblastes. Celles-ci sont ensuite injectées dans le coeur du patient à l'aide d'une seringue. Elles vont alors venir remplacer les nombreuses cellules mortes et contractiles de la cicatrice qui reste dans le coeur après un infarctus.

Le plus étrange dans l'affaire est que les cellules ainsi greffées ne sont pas des cellules cardiaques (lisses), mais des cellules de muscle du squelette (striées) qui n'ont pas les mêmes propriétés physiologiques. En effet, les cellules cardiaques responsables de la contraction cellulaire n'ont pas besoin de stimulation pour se contracter. Elles se dépolarisent toutes seules à un rythme régulier et transmettent un influx nerveux qui se généralise ensuite à l'ensemble du coeur. La contraction cardiaque se produit alors. Mais qu'advient-il des cellules de la cuisse greffées ? Gardent-elle leur identité ? Deviennent-elles des cellules cardiaques ? « A l'heure actuelle, nous ne savons pas encore réellement comment ça marche ! », précise Jean-Thomas Vilquin. Mais quoi qu'il en soit, en l'état actuel des études, le procédé semble fonctionner. 

La nouvelle phase qui devrait débuter dès l'automne, portera sur 300 patients en Amérique du Nord et en Europe, dont 80 en France.





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