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Ramadan

Comment détermine-t-on le Ramadan ?

Rédigé par Saphirnews | Mardi 5 Novembre 2002 à 00:00



Au travers du livre La sunna du Prophète commandé par l’Institut international de la pensée islamique, Yusuf Al-Qaradawi justifie le recours à l’outil rationnel qu’est le calcul astronomique pour déterminer le commencement du mois de Ramadan ainsi que tous les mois. La démarche utilisée est un exemple pour cheminer vers une meilleure compréhension de la Sunna.

Il est également possible de considérer comme entrant dans cette catégorie la méthode d’identification du début du mois lunaire telle que l’exprime le célèbre hadith : « Jeûnez lorsque vous le voyez (le croissant) et cessez de jeûner lorsque vous le voyez, et s’il vous est caché par les nuages, déterminez-le. » Ou selon une variante : « Et si il vous est caché par les nuages, complétez Chaa'ban en comptant trente jours. »

Ici, il est possible au juriste de dire que le hadith évoque un but et définit un moyen. Le but du hadith est clair : il s’agit de jeûner le mois de ramadan tout entier, sans en perdre un seul jour ni jeûner un jour d’un autre mois comme Chaa'ban ou Chawwal, en identifiant le début et la fin du mois par un moyen qui, étant à la portée de tout à chacun, n’impose pas aux gens de difficulté excessive dans leur religion.

La vision du croissant à l’œil nu était le moyen le plus simple, à la portée de tout le monde, à l’époque du Prophète, et c’est pourquoi le hadith l’a définie comme moyen. En effet, s’il avait imposé aux gens un autre moyen, comme le calcul astronomique, cela aurait été une difficulté excessive pour une communauté alors en grande majorité illettrée, Dieu veut pour sa communauté la facilité et non pas la difficulté, et le Prophète a dit : « Dieu m’a envoyé pour enseigner et pour apporter la facilité, Il ne m’a pas envoyé pour contraindre. »

Si l’on trouve un autre moyen apte à mieux réaliser le but de ce hadith et susceptible d’éviter l’erreur, l’imagination et le mensonge dans la détermination du début du mois ; si ce moyen est devenu facile et ne pose pas de difficulté , s’il n’est plus au-dessus des forces de la communauté, maintenant que cette communauté comporte de nombreux savant, astronomes, géologues, physiciens d’envergure internationale; si l’homme est désormais capable d’atteindre la lune, de s’y poser, d’y marcher et d’en ramener des échantillons de roches.

Pourquoi alors, nous en tiendrons-nous à un moyen, qui n’est pas une fin en soi, en négligeant le but visé par le hadith ?

Ce hadith a affirmé que la vision du croissant à l’œil nu par un ou deux témoins suffisait à établir le début du mois, à une époque où c’était là le seul moyen possible et adapté au niveau de la communauté.

Comment alors pourrait-on rejeter un moyen qui ne comporte pas de risque d’erreur, d’imagination ni de mensonge, un moyen qui a atteint le niveau de certitude, et qui permettrait d’unifier la communauté dans tous les pays du globe et d’éviter les différences qui se produisent chaque année quant à la date du début et de la fin du jeune et des fêtes ? Ces différences atteignent parfois trois jours entre un pays et un autre, ce qui est illogique et inacceptable tant du point de vue scientifique que religieux : il est bien clair en pareil cas qu’une date est la bonne tandis que les autres sont fausses.

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