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Sur le vif

Centrafrique : un archevêque et un imam réclament l’aide de l’ONU

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 27 Décembre 2013



Dans une tribune publiée dans Le Monde, jeudi 26 décembre, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et l’imam Omar Kobine Layama, président de la communauté islamique de la République centrafricaine, témoignent de l’horreur du conflit qui sévit dans leur pays.

« Alors que nous sommes en pleine fêtes de fin d’année, notre pays, la République centrafricaine (RCA) reste au bord d’une guerre aux aspects religieux. Plus de deux millions de personnes, soit près de la moitié de la population du pays, ont désespérément besoin d’aide. A l’heure où nous écrivons, près de 40 000 personnes sont entassées dans l’enceinte de l’aéroport de Bangui, la capitale, sans abri ni toilettes. Des centaines de personnes ont été tuées, certains d’entre elles sont des patients qu’on a fait sortir de force des hôpitaux pour les exécuter », écrivent-ils. « Nous craignons que faute d’une réponse internationale plus importante, notre pays ne soit condamné aux ténèbres », poursuivent les deux responsables religieux qui craignent que « le pire ne reste encore à venir ».

Revenant sur les origines du conflit déclenché, en mars dernier, par la prise du pouvoir de la Séléka, une milice armée composé principalement de musulmans, ils indiquent qu’il « existe aujourd’hui un danger d’effroyables représailles contre des musulmans qui se retrouvent dans une situation précaire et sont susceptibles d’être visés par des actes de vengeance ».

« En réponse à cette crise, nous avons créé une plate-forme interconfessionnelle dont l’objectif est d’apaiser les tensions et empêcher l’aggravation des divisions et du chaos », font savoir Mgr Dieudonné Nzapalainga et Omar Kobine Layama. « Ce conflit n’est pas en soi un conflit entre musulmans et chrétiens, c’est une crise humanitaire grave provoquée par une instabilité politique et militaire chronique ».

Craignant une aggravation de la situation malgré la présence de forces africaines et françaises, ils s’en remettent à l’ONU. « Seule une force onusienne de maintien de la paix disposera des ressources nécessaires pour protéger nos civils de manière satisfaisante. L’ONU devrait de toute urgence convenir d’envoyer sur place une telle force », lancent-ils.

« Grâce à l’aide des casques bleus de l’ONU pour sécuriser nos routes et nos habitations, l’acheminement d’une aide et de vaccins éliminerait le sentiment de peur en le remplaçant par un espoir, et s’avérerait un véritable dividende de la paix propre à unir notre peuple. Un engagement de l’ONU à l’égard de notre pays permettra de nous concentrer sur le rétablissement d’une coexistence entre nos communautés. La réconciliation et la paix sont possibles », estiment les deux religieux, qui rappellent avoir « toujours eu pour habitude de célébrer et de respecter les différentes religions ».

« La paix n’a pas de prix. Nous espérons que la communauté internationale nous aidera à l’obtenir », concluent-ils.

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