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Sur le vif

Centrafrique : l’ONU alerte sur l’épuration ethnique des musulmans

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 7 Mars 2014



Le déploiement des troupes françaises en République centrafricaine n’a jusque là pas favorisé la paix. Trois mois après le lancement de l'opération Sangaris, les massacres de civils continuent d'ensanglanter le pays, plongé dans un chaos qui déchire les communautés chrétienne et musulmane.

Dans leur folie vengeresse contre les rebelles de la Séléka, les milices anti-balakas organisent des chasses à l’homme contre les musulmans qui se sont accentuées après l’arrivée des troupes françaises dans le pays, faisant de ces derniers les victimes d'un nettoyage ethnique, selon Antonio Guterres, Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés.

Ses déclarations, tenues jeudi 6 mars, viennent renforcer les constats alarmants dressés depuis plusieurs semaines par les ONG telles Amnesty International et Médecins Sans Frontières.

« Depuis début décembre, nous avons effectivement assisté à un 'nettoyage' (ethnique) de la majorité de la population musulmane vivant dans l'ouest de la RCA », a-t-il indiqué lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à la situation dans l'ex-colonie française.

Quand ils ne sont pas tués, la fuite est leur seul chance de survie dans de très nombreuses régions de Centrafrique. Ainsi, « plusieurs dizaines de milliers de musulmans ont fui le pays », a précisé ce haut fonctionnaire. 15 000 musulmans sont encore « pris au piège » dans 18 endroits de l'ouest, sous la menace des anti-balakas.

A Bangui, où sont pourtant stationnés une grande partie des forces françaises et africaines, les musulmans sont victimes d’un acharnement sans nom, que les persécutions quotidiennes illustrent. Le cas de Saleh Dido est devenu emblématique. Celui qui fut le maire-adjoint de Mbaiki a été tué. Il était le dernier musulman de cette bourgade située au sud-est de la capitale. Il avait décidé, envers et contre tout, de rester sur sa terre malgré les menaces régulières reçues des anti-balakas. La mort est venue le chercher le 28 février. Saleh Dido a été égorgé par des miliciens.

Après l’Union européenne, le Conseil de sécurité étudie la proposition d'une force de maintien de la paix de près de 12 000 hommes pour protéger les civils. L'Union européenne a déjà déployé un millier de soldats qui sont venus s'ajouter à une force africaine de 6 000 hommes et 2 000 militaires français.